Paul si souvent accusĂ© de misogynie, affirme l’égalitĂ© fondamentale entre l’homme et la femme qui dĂ©pendent tous les deux de Dieu : « Aussi bien, dans le Seigneur, la femme n’est pas autre que l’homme, et l’homme n’est pas autre que la femme ; car, de mĂȘme que la femme a Ă©tĂ© tirĂ©e de l’homme, ainsi l’homme naĂźt par la femme, et tout vient de Dieu. » (1 Co 11,11-12) LapremiĂšre exposition, Les plaisirs et les jours, au Petit Palais, est consacrĂ©e Ă  Giovanni Boldini (1842-1931), grand peintre des salons de la haute sociĂ©tĂ© parisienne ; la seconde, Proust du cĂŽtĂ© de la mĂšre, au MusĂ©e d’Art et d’Histoire du judaĂŻsme, prĂ©sente la vie et l’Ɠuvre de l’écrivain Ă  travers le prisme de la judĂ©itĂ© ; la troisiĂšme enfin, au MusĂ©e Carnavalet Écrivaincritiquant la sociĂ©tĂ© et les hommes On peut en ramener en cadeau aprĂšs un voyage Ville allemande oĂč se situe la bourse nationale UnitĂ© d'Ă©nergie exprimĂ©e en Wh Techniques utilisĂ©es pour vendre un produit Synonyme d'hĂ©ritier, il peut ĂȘtre universel Dialogue traduit d'un film situĂ© en bas de l'image Avouer ses fautes, ses crimes Lindustrialisation des techniques de production d’objets culturels sert le projet d’uniformisation de la sociĂ©tĂ© par le nationalisme et la sociologie : « La saine Sociologie traite de l’évolution Ă  travers les Ăąges d’un groupe de mĂ©taphores, Famille, Patrie, État, SociĂ©tĂ©, etc. Ces mots sont de ceux que l’on dit collectifs et qui n’ont en soi aucune signification ; l Curabooksest un blog de critiques littĂ©raires qui propose des articles culturels, auquel je me consacre pour partager les connaissances acquises grĂące Ă  ma formation littĂ©raire Ă  la Sorbonne. Curabooks. Menu. Accueil; LittĂ©rature; Essais; Pressbook; Plus. DerniĂšres critiques. BibliothĂšque de la pensĂ©e Ă©cologiste. 15/08/2019. L'Ă©cologie a beaucoup occupĂ© les esprits Vay Tiền TráșŁ GĂłp Theo ThĂĄng Chỉ Cáș§n Cmnd Hỗ Trợ Nợ Xáș„u. Essai sur La BruyĂšre intĂ©rĂȘt de la lecture de portraits moraux 20 mai 2022 / Leave a comment Selon vous quel intĂ©rĂȘt peut-on trouver Ă  la lecture de portraits moraux ? Vous dĂ©velopperez de maniĂšre organisĂ©e votre rĂ©ponse Ă  cette question, en prenant appui sur Les CaractĂšres de La BruyĂšre, sur le texte de l’exercice de la contraction et sur ceux que vous avez Ă©tudiĂ©s dans l’annĂ©e dans le cadre de l’objet d’étude La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIIe siĂšcle ». Vous pourrez aussi faire appel Ă  vos lectures et Ă  votre culture personnelle. Analyse du sujet On observe les expressions ou les verbes utilisĂ©s Selon vous », cela veut dire que les rĂ©ponses peuvent ĂȘtre variĂ©es. MalgrĂ© tout, il faut limiter l’emploi de la premiĂšre personne. On pense Ă  chercher les prĂ©supposĂ©s, c’est-Ă -dire ce qui est sous-entendu par la question. Par exemple ici, quel intĂ©rĂȘt » cela prĂ©suppose qu’on peut trouver de l’intĂ©rĂȘt Ă  lire des portraits moraux. Cette partie n’est pas discutable. On repĂšre les mots-clĂ©s. Ici intĂ©rĂȘt » et portraits moraux » et on reformule le sujet > le sujet porte sur ce qu’apporte la lecture de textes qui dĂ©crivent le caractĂšre de personnages. Recherche d’idĂ©es L’essai est rattachĂ© Ă  l’exercice de contraction. On relit donc le texte de dĂ©part qui Ă©tait Ă  contracter en cherchant des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse Ă  la question – Etudier la nature humaine, comme Aristote qui dressait les portraits moraux pour les analyser. On peut analyser la nature humaine aussi Ă  partir des Ă©crits. Cf. Jorda – s’amuser certains portraits satiriques ou comiques font rire ou sourire. Cf Jorda et piĂšces de MoliĂšre. A l’époque classique, on cherche Ă  plaire et instruire. On peut plaire en amusant. – mieux connaitre les autres Cf. Jorda. ThĂ©ophraste propose des portraits moraux prĂ©cis. Une fois les portraits lus, on connait les personnages, les actions associĂ©es Ă  leurs dĂ©fauts. On passe en revue les textes qu’on a Ă©tudiĂ©s IrĂšne, Gnathon, La Besace et ce qu’on connait sur La BruyĂšre, ses CaractĂšres et le reste de ses connaissances par exemple vous connaissez MoliĂšre L’Avare ou Le Bourgeois gentilhomme ou Le Malade imaginaire 
 Cela permet de trouver d’autres Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse. – mieux se connaitre soi-mĂȘme et se corriger // avec La Fontaine la besace et souhait de La BruyĂšre dans sa prĂ©face faire voir le ridicule de certains traits de caractĂšre et servir de miroir au lecteur pour que celui-ci se corrige. Choix d’un plan On organise ses idĂ©es. On les ordonne de maniĂšre Ă  apporter de maniĂšre logique une rĂ©ponse Ă  la question. Pour chaque paragraphe on doit avoir une idĂ©e prĂ©cise Ă  dĂ©velopper, accompagnĂ©e d’une ou deux rĂ©fĂ©rences qui servent d’exemples. La lecture de portraits moraux permet 1 de se divertir Jorda Ă©voque les portraits satiriques et comiques. On pense aussi au portrait de MĂ©nalque dont la distraction nous amuse. 2 de s’instruire mieux connaitre la nature humaine en gĂ©nĂ©ral. Jorda Ă©voque Aristote et Platon les portraits proposĂ©s sont des analyses de la nature humaine. 3 de mieux connaĂźtre les autres les portraits de ThĂ©ophraste permettent de comprendre les actions des autres souvent liĂ©es Ă  leur caractĂšre. 4 mieux se connaĂźtre soi-mĂȘme et se corriger voir la Besace de La Fontaine ; prĂ©face de La BruyĂšre et devise castigat ridendo mores » Il faut corriger les mƓurs en riant. RĂ©daction en construisant un travail organisĂ© Introduction 3 ou 4 paragraphes de dĂ©veloppement Conclusion Exemple de paragraphe rĂ©digĂ© Les portraits moraux permettent de se divertir. Jorda dans son encyclopĂ©die Imago Mundi Ă©voque les portraits satiriques et comiques qui ont cette fonction de faire rire le spectateur ou le lecteur. On peut penser aux portraits que fait MoliĂšre de grands types de caractĂšres comme l’avare ou le malade imaginaire dans des piĂšces de théùtre du mĂȘme nom Ă©ponymes. L’avarice d’Harpagon amĂšne celui-ci Ă  des actions ridicules qui amusent le public. De mĂȘme La BruyĂšre amuse le lecteur avec le portrait qu’il fait de MĂ©nalque. Ce personnage, portrait-type du distrait, nous fait rire par ses oublis. Il sort de chez lui sans s’ĂȘtre habillĂ©, il cherche des objets qu’il a sous la main
 On voit donc que les portraits moraux peuvent amuser le lecteur. Une phrase pour lancer l’idĂ©e DĂ©veloppement de l’idĂ©e on l’explique et on l’illustre par des exemples Une phrase pour rappeler l’idĂ©e Contraction de texte en lien avec CaractĂšres XI de La BruyĂšre 12 mai 2022 / Leave a comment Contraction de texte texte de 715 mots Vous rĂ©sumerez ce texte en 179 mots. Une tolĂ©rance de +/- 10 % est admise votre travail comptera au moins 161 et au plus 197 mots. Vous placerez un repĂšre dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, Ă  la fin de la contraction, le nombre total de mots utilisĂ©s. On donne le nom de CaractĂšres Ă  certaines compositions dont les auteurs appartiennent au genre des Ă©crivains moralistes. Les qualitĂ©s morales qui distinguent un humain d’un autre forment son caractĂšre dĂ©crire son caractĂšre, c’est faire son portrait moral. Les philosophes grecs ont fait souvent des classifications et des descriptions de caractĂšres, soit qu’ils aient rassemblĂ©, sous le nom d’un vice ou d’une vertu, tous les traits moraux qui l’accompagnent chez la plupart des hommes, soit qu’ils aient Ă©tudiĂ© les qualitĂ©s morales qui caractĂ©risent telle ou telle condition de la sociĂ©tĂ©. Platon, dans sa RĂ©publique, et Aristote, dans sa RhĂ©torique, ont laissĂ© d’admirables modĂšles de ces analyses. Avec moins d’élĂ©vation philosophique, mais d’une maniĂšre plus vivante, les auteurs satiriques et comiques de tous les temps ont fait des peintures de caractĂšres. Nous citerons pour exemples la satire sur les femmes de Boileau, et, dans le Misanthrope de MoliĂšre, la fameuse scĂšne des portraits. Il y a un genre de comĂ©die qu’on appelle comĂ©die de caractĂšres. Les orateurs de la chaire ont souvent fait des portraits moraux. Mais les caractĂšres ne sont devenus un genre littĂ©raire que grĂące Ă  deux Ă©crivains, ThĂ©ophraste, philosophe grec qui florissait au commencement du IVe siĂšcle av. et La BruyĂšre, qui publia son ouvrage en 1688, sous le titre de Les CaractĂšres ou les MƓurs de ce siĂšcle. Le premier, Ă©levĂ© Ă  l’école d’Aristote, c’est Ă  dire Ă  l’école du plus grand observateur philosophe de l’AntiquitĂ©, aprĂšs avoir vĂ©cu de longues annĂ©es Ă  AthĂšnes la ville de la GrĂšce la plus riche en originaux de tous genres, parvenu enfin au terme d’une vieillesse trĂšs avancĂ©e, Ă©crivit un livre de Portraits moraux. Il y condense ses observations sur les hommes, et les rĂ©digea en philosophe. Il considĂšre un vice ou un travers de la nature humaine ou des gens de son temps il le nomme, le dĂ©finit et le dĂ©crit, en Ă©numĂ©rant trait par trait les maniĂšres de parler et agir des hommes affectĂ©s de ce travers ou de ce vice. Les observations sont justes, dĂ©licates, les traits souvent comiques ; on voit plusieurs de ses personnages, et, aprĂšs l’avoir lu, on les connaĂźt. L’ouvrage de ThĂ©ophraste n’a acquis tout son prix pour les lecteurs français que dans la spirituelle traduction qu’en a donnĂ©e La BruyĂšre. Cet Ă©crivain a publiĂ© son propre livre sous ce titre Les CaractĂšres de ThĂ©ophraste, traduits du grec, avec les CaractĂšres ou les mƓurs de ce siĂšcle ; il ne se nommait mĂȘme pas. MalgrĂ© cette rĂ©serve, il a transformĂ© le genre par la vie qu’il a rĂ©pandue dans ses portraits. Il s’y montre plus moraliste que philosophe, prenant les idĂ©es par le dĂ©tail, et non par l’ensemble. La BruyĂšre est Ă  la fois un peintre de l’humanitĂ©, et un satirique. Il a trop vu les hommes de prĂšs, il a trop souffert de leurs vices et de leurs travers, il a Ă©tĂ© trop victime de la sociĂ©tĂ© oĂč il a vĂ©cu, il est enfin trop homme de cƓur, pour n’ĂȘtre pas tentĂ© de vouer certains personnages Ă  la dĂ©rision ou au mĂ©pris public d’autre part, il a l’esprit trop Ă©levĂ© pour n’ĂȘtre qu’un pamphlĂ©taire. Il compose donc certains caractĂšres, oĂč il met tout ce qu’il a pu observer sur le vif en tel ou tel ; il complĂšte en vrai artiste le personnage, Ă  qui, dans la nature, il manque toujours quelque chose pour ĂȘtre un type achevĂ© ; il lui donne un nom de fantaisie, et il expose ainsi son portrait. On a souvent comparĂ© La BruyĂšre Ă  MoliĂšre, malgrĂ© la diffĂ©rence des genres; Suard prĂ©fĂšre le mettre en parallĂšle avec Montaigne Ă©tudiant l’humain en lui-mĂȘme, et avec La Rochefoucauld rapportant toutes ses actions Ă  un seul principe; l’un et l’autre ayant peint l’humain de tous les temps et de tous les lieux, l’humain en gĂ©nĂ©ral, tandis que La BruyĂšre a observĂ© et peint l’humain envisagĂ© dans les diverses professions oĂč il rĂ©vĂšle plus naturellement tel ou tel dĂ©faut ainsi le courtisan, le magistrat, le financier, le nouvelliste, le bourgeois du XVIIe siĂšcle, sans parler des personnages abstraits en qui il idĂ©alise un ridicule; en un mot, il a reprĂ©sentĂ© le choc des passions sociales, les habitudes d’état et de profession, aussi bien Ă  la cour qu’à la ville. EncyclopĂ©die Imago Mundi, Serge Jodra, 2020 Correction possible On appelle CaractĂšres certaines Ɠuvres de moralistes. Le caractĂšre dĂ©signe l’ensemble des caractĂ©ristiques morales d’une personne. Les philosophes grecs, Platon et Aristote notamment, les ont souvent listĂ©s et dĂ©crits. A toutes les Ă©poques des Ă©crivains les ont dĂ©peints, pour faire rire ou critiquer. Nous ferons rĂ©fĂ©rence par exemple / Ă  MoliĂšre qui propose des portraits cĂ©lĂšbres de ses personnages dans le Misanthrope. Mais c’est Ă  ThĂ©ophraste et Ă  La BruyĂšre que les CaractĂšres doivent leurs lettres de noblesse. ThĂ©ophraste, Ă  la fin de sa vie, a regroupĂ© dans un livre ses observations sur la nature humaine en partant / pour chaque portrait d’une qualitĂ© ou d’un dĂ©faut. La BruyĂšre a fait connaitre l’Ɠuvre de ThĂ©ophraste en en publiant une traduction accompagnĂ©e de ses CaractĂšres. Cet auteur rend ses portraits vivants et se moque des dĂ©fauts de ses personnages. Il prend exemple sur son vĂ©cu et rajoute le nĂ©cessaire pour brosser de grands types /de caractĂšres. On peut rapprocher La BruyĂšre de MoliĂšre, de Montaigne ou de La Rochefoucauld, Ă  la diffĂ©rence que La BruyĂšre s’attache au statut social ou Ă  la fonction. 183 mots Contraction de bac blanc correction 11 avril 2022 / Leave a comment Exemple de correction de la contraction du texte de Gaston Berger Lors d’une premiĂšre rencontre, nous ne dĂ©couvrons que la façade sociale d’un individu. Son apparence nous donne des prĂ©cisions sur lui. MĂȘme si certains signes sont parfois subtils, chacun porte la marque de la sociĂ©tĂ©, pense et voit le monde Ă  travers le prisme de son environnement familial ou scolaire. Selon ce point de vue que nous avons du monde, nous rĂ©agissons Ă©motionnellement de maniĂšre automatique. Ainsi, si je connais la situation sociale et familiale de quelqu’un, je saurai en dĂ©duire certaines de ses opinions. Mais cela ne me suffira pas pour le connaitre vraiment car il me manque alors son caractĂšre, cachĂ© par l’aspect que la sociĂ©tĂ© lui a donnĂ©. Il faut aussi considĂ©rer les Ă©vĂ©nements pour connaĂźtre l’autre. La mort d’un mari par exemple peut profondĂ©ment marquer une femme et expliquer qui elle est. Qui nous sommes vient en partie de notre vĂ©cu. Autant ce qui vient de notre caractĂšre peut se retrouver chez d’autres, autant notre histoire vĂ©cue nous est propre et unique. Apparence, tempĂ©rament et vĂ©cu constituent notre nature. Mais cela ne correspond pas encore Ă  qui l’on est, car Ă  cela faut-il encore ajouter la libertĂ©. Contraction de texte 16 novembre 2021 / Leave a comment Exemple de contraction du texte de Dortier, proposĂ© dans le livre Les CaractĂšres, Livre XI, de Jean de La bruyĂšre, ClassicolycĂ©e, chez Belin-Gallimard. La contraction consiste Ă  rĂ©sumer un texte au quart en le reformulant. MĂ©thode Lire une premiĂšre fois le texte complet pour en comprendre les enjeux et les idĂ©es principales. Relire le texte paragraphe par paragraphe. Chercher Ă  rĂ©sumer chaque paragraphe au brouillon. Une fois qu’on a fait un premier rĂ©sumĂ©, on compte son nombre de mots. Si on en a trop, il faut rĂ©sumer davantage, trouver des tournures de phrases plus synthĂ©tiques. Si on n’en a pas assez, on complĂšte, on rajoute 
 Informations importantes On respecte la forme du texte de dĂ©part respect des temps, de la personne
 On s’aide du contexte pour comprendre certains mots du texte. Exemple ici avec flagellation » Texte Ă  contracter Contraction Nbre de mots Tous les ans, Ă  San Vicente de la Sonsierra, dans le nord de l’Espagne, on se livre Ă  un Ă©tonnant cĂ©rĂ©monial. Pendant la procession religieuse qui mĂšne de l’église Ă  la place centrale, les hommes du village vont nu-pieds, le visage cachĂ© par une cagoule, en se flagellant Ă  l’aide de laniĂšres de lin. Les femmes, qui n’ont pas le droit de participer Ă  cette flagellation, suivent la procession Ă©galement nu-pieds, avec des chaĂźnes aux chevilles. Chaque annĂ©e en Espagne a lieu une Ă©trange cĂ©rĂ©monie de flagellation. 11 Patrick Vandermeersch, professeur de psychologie de la religion aux Pays-Bas, a eu l’occasion d’assister fortuitement Ă  cette cĂ©rĂ©monie d’autoflagellation qu’il croyait disparue depuis longtemps. IntriguĂ© sur les raisons qui pouvaient pousser ces bons pĂšres de famille Ă  perpĂ©tuer des traditions aussi anciennes, il dĂ©cida de mener l’enquĂȘte. Un professeur a cherchĂ© Ă  comprendre les raisons de cette cĂ©rĂ©monie. 11 Le plus Ă©tonnant, lorsqu’il interrogeait les gens sur le sens de leur cĂ©rĂ©monie, est qu’ils ne savaient pas expliquer pourquoi ils s’infligeaient cette punition. On invoquait vaguement les traditions Ici, on a toujours fait comme cela. » Devant l’insistance des questions du chercheur, le maĂźtre de cĂ©rĂ©monie, conscient de l’absurditĂ© qu’il y avait Ă  s’autoflageller en place publique sans trop savoir pourquoi, rĂ©pondit, avec un geste d’impuissance El hombre es un animal curioso. » L’homme est un Ă©trange animal. » Les participants n’ont su expliquer leur geste que par la tradition et le fait que l’homme est un Ă©trange animal. 22 Le fait de s’autoflageller en place publique n’est que l’une des nombreuses excentricitĂ©s de l’ Ă©trange animal ». Il en possĂšde d’autres lui seul parle, fabrique des outils, crĂ©e des Ɠuvres d’art, obĂ©it Ă  des lois, fait la cuisine et s’adonne Ă  des sports collectifs. De nombreuses actions de l’homme font de lui un animal Ă©trange. 12 VoilĂ  plus de deux millions d’annĂ©es, quelque part dans la savane africaine, est apparu cet Ă©trange animal. Ce primate ne ressemblait Ă  aucun autre. Alors que les mammifĂšres sont quadrupĂšdes, lui se tenait debout et marchait sur ses deux jambes ; alors que tous les primates ont le corps couvert de poils, lui Ă©tait un singe nu ». Mais c’est surtout par ses comportements que cet Ă©trange animal allait se distinguer. DĂšs sa naissance, l’espĂšce humaine s’est distinguĂ©e par sa bipĂ©die et son aspect glabre. 16 Il s’était d’abord mis Ă  fabriquer des objets de toutes sortes. Cela avait commencĂ© par des galets cassĂ©s, puis des outils de pierre ou de bois aux formes plus affinĂ©es. Il se lança ensuite dans la construction d’armes et de huttes, et apprit Ă  domestiquer le feu. Plus tard, il inventa l’agriculture et la mĂ©tallurgie, et plus tard encore, l’écriture, les bateaux, des Ă©difices, les machines Ă  vapeur, l’électricitĂ©, l’ordinateur
 Puis il s’est mis Ă  fabriquer des objets, par utilitĂ© Puis il s’est mis Ă  fabriquer des objets, tous utiles pour se nourrir, se protĂ©ger, communiquer, se rĂ©chauffer
. 11 +8 CrĂ©ateur d’armes et d’outils, l’animal humain semblait Ă©galement douĂ© pour la crĂ©ation artistique il s’est mis Ă  chanter, Ă  danser, Ă  se peindre le corps, se parer de bracelets et de colliers de perles, puis un jour Ă  peindre sur les parois rocheuses et au fond des grottes. mais aussi par pur esthĂ©tisme. Mais il a créé aussi par pur esthĂ©tisme, c’est la naissance de l’art. 5 +10 Une autre capacitĂ© extraordinaire le distinguait des autres animaux le langage. Les mots combinĂ©s entre eux d’une certaine façon lui ont servi Ă  transmettre des messages, donner des ordres, nouer des alliances, raconter des histoires et des fictions de toutes sortes. L’homme se distingue aussi des autres animaux par sa capacitĂ© Ă  parler, 13 Au fil du temps, alors que son langage se complexifiait et son imagination se dĂ©bridait, l’étrange animal s’est mis Ă  enterrer ses morts. Il se livrait aussi Ă  d’étonnants rituels. On le voyait danser en groupe en invoquant des personnages invisibles divinitĂ©s, esprits protecteurs, anges et dĂ©mons, forces des tĂ©nĂšbres et ancĂȘtres mythiques, etc. Ces esprits, il s’est mis Ă  les vĂ©nĂ©rer, Ă  leur demander aide et protection, et mĂȘme Ă  leur offrir des sacrifices en signe de soumission. ainsi que par ses croyances en des divinitĂ©s. 8 Comment en est-on arrivĂ© lĂ  ? D’oĂč proviennent toutes ces singularitĂ©s qui font de l’homme Ă  la fois un Homo faber, producteur d’outils, un Homo loquens, dotĂ© de langage, un Homo religiosus, adorateur de dieux, un Homo fabulator, inventeur de mythes et de contes, un animal social » obĂ©issant Ă  des lois et des valeurs, un artiste, un savant ? Comment peut-on expliquer toutes ces Ă©volutions de l’homme, qui ont fait de lui un animal crĂ©ant, parlant, priant, inventant ? qui crĂ©e, qui parle, qui prie ou invente ? 21 +4 Les solutions Ă  cette Ă©nigme ne manquent pas. On a invoquĂ© tour Ă  tour la facultĂ© d’apprentissage, la raison, la conscience, l’intelligence, le langage, la culture, la morale, la liberté  pour rendre compte du progrĂšs de l’homme ». Aucune de ces solutions n’est plus satisfaisante. Elles s’avĂšrent trop vagues et ne correspondent plus Ă  l’état actuel de nos connaissances. Toutes les rĂ©ponses donnĂ©es jusqu’ici sont incomplĂštes et erronĂ©es. 10 Dans ce livre, j’ai entrepris de mener une enquĂȘte sur de nombreuses recherches qui touchent aux origines de l’esprit humain. Ces champs de recherche ont connu une expansion considĂ©rable ces trois derniĂšres dĂ©cennies. Le premier objet de ce livre est de proposer un bilan de l’évolution des thĂ©ories et des recherches menĂ©es Ă  propos des origines de la pensĂ©e humaine. Car celles-ci ont changĂ© en profondeur nos reprĂ©sentations du monde animal, des origines des cultures, du langage, de l’art et du fonctionnement de l’esprit humain. [
] Dans ce livre, j’ai voulu synthĂ©tiser les derniĂšres dĂ©couvertes de toutes les sciences qui se sont penchĂ©es sur les origines de l’homme. 24 Chaque espĂšce a dĂ©veloppĂ© des formes d’intelligence spĂ©cifiques. Les fourmis sont dotĂ©es d’une intelligence collective qui leur permet de rĂ©soudre des problĂšmes complexes construire des fourmiliĂšres, cultiver des champignons, Ă©lever des pucerons, reconstruire des galeries endommagĂ©es, etc.. Certains oiseaux parviennent Ă  se souvenir de centaines de cachettes oĂč ils ont dissimulĂ© des aliments. Les dauphins ou les primates ont dĂ©veloppĂ© des formes de communication et d’interaction trĂšs Ă©laborĂ©es. Peut-ĂȘtre mĂȘme existe-t-il des formes de cognition qui nous seront toujours Ă©trangĂšres. L’évolution a donc donnĂ© naissance Ă  des formes d’intelligence diffĂ©rentes. Chaque espĂšce s’approprie le monde d’une façon qui lui est propre. Chaque espĂšce a dĂ©veloppĂ© une intelligence particuliĂšre qui lui a permis d’évoluer. Qu’on prenne l’exemple de fourmis, d’oiseaux ou de dauphins 13 + 12 A partir de ce constat, on doit repenser le propre de l’homme » dans une perspective nouvelle. Il ne s’agit plus de tracer une ligne de dĂ©marcation entre l’homme » et l’animal », mais de rechercher les traits communs et les diffĂ©rences cognitives avec d’autres espĂšces cousines. L’homme est un animal et comme chaque espĂšce animale, l’espĂšce humaine a dĂ©veloppĂ© ses caractĂ©ristiques propres. L’homme est un animal parmi d’autres, qui lui aussi a dĂ©veloppĂ© des techniques singuliĂšres. L’homme est un animal parmi d’autres. Ce qui le caractĂ©rise vient des techniques singuliĂšres qu’il a dĂ©veloppĂ©es. 16 +4 [
] La psychologie Ă©volutionniste, hĂ©ritiĂšre de la sulfureuse sociobiologie, a connu un fort dĂ©veloppement. Elle nous rappelle que l’ĂȘtre humain n’est pas un Ăźlot sĂ©parĂ© du reste du monde animal et que le cerveau est un organe comme les autres ; il a Ă©tĂ© façonnĂ© par des millions d’annĂ©es d’évolution pour rĂ©pondre Ă  des fonctions prĂ©cises. Jean-François Dortier, L’Homme, cet Ă©trange animal aux origines du langage, de la culture et de la pensĂ©e, extrait de l’introduction, Editions Sciences humaines, 2012 L’homme est le rĂ©sultat d’une trĂšs lente et longue Ă©volution. L’évolution de l’ĂȘtre humain a Ă©tĂ© longue, lente et parallĂšle Ă  celle des autres animaux. 12 +5 Premier jet 205 mots DeuxiĂšme jet + 43 mots Total 248 mots Fin de la mĂ©thode Une fois qu’on a le bon nombre de mots et que l’on est satisfait de sa contraction, on la recopie sur la copie, en soignant l’orthographe, la ponctuation et la mise en page. Voici une proposition de contraction du texte de Dortier Chaque annĂ©e en Espagne a lieu une Ă©trange cĂ©rĂ©monie de flagellation. Un professeur a cherchĂ© Ă  comprendre les raisons de cette cĂ©rĂ©monie. Les participants n’ont su expliquer leur geste que par la tradition et le fait que l’homme est un Ă©trange animal. De nombreuses actions de l’homme font de lui un animal Ă©trange. DĂšs sa naissance, l’espĂšce humaine s’est distinguĂ©e par sa bipĂ©die et son aspect glabre. Puis il s’est mis Ă  fabriquer des objets, tous utiles pour se nourrir, se protĂ©ger, communiquer, se rĂ©chauffer. Mais il a créé aussi par pur esthĂ©tisme, c’est la naissance de l’art. L’homme se distingue aussi des autres animaux par sa capacitĂ© Ă  parler, ainsi que par ses croyances en des divinitĂ©s. Comment peut-on expliquer toutes ces Ă©volutions de l’homme, qui ont fait de lui un animal qui crĂ©e, qui parle, qui prie ou invente ? Toutes les rĂ©ponses donnĂ©es jusqu’ici sont incomplĂštes et erronĂ©es. Dans ce livre, j’ai voulu synthĂ©tiser les derniĂšres dĂ©couvertes de toutes les sciences qui se sont penchĂ©es sur les origines de l’homme. Chaque espĂšce a dĂ©veloppĂ© une intelligence particuliĂšre qui lui a permis d’évoluer. Qu’on prenne l’exemple de fourmis, d’oiseaux ou de dauphins. L’homme est un animal parmi d’autres. Ce qui le caractĂ©rise vient des techniques singuliĂšres qu’il a dĂ©veloppĂ©es. L’évolution de l’ĂȘtre humain a Ă©tĂ© longue, lente et parallĂšle Ă  celle des autres animaux. Correction de la lecture cursive des nouvelles de Maupassant 15 octobre 2021 / Leave a comment Pour relire les nouvelles et les consignes, vous pouvez cliquer ici. 1 Le pĂšre Milon Pendant la guerre de 1870, le pĂšre Milon accueille des Prussiens dans sa ferme, avec gentillesse semble-t-il. Mais aprĂšs plusieurs semaines on dĂ©couvre que c’est lui qui la nuit tue les Prussiens qui font leur ronde sur les routes et dans les champs. Pierre Milon meurt fusillĂ© devant sa maison, lĂ  oĂč dĂ©sormais pousse une vigne. L’aventure de Walter Snaffs Walter Shnaffs est un soldat prussien particuliĂšrement peureux et glouton. Se retrouvant seul en plein territoire ennemi, affamĂ©, il choisit de se prĂ©senter au chĂąteau pour ĂȘtre fait prisonnier. Il profite de la fuite du personnel pour s’empiffrer et finit effectivement prisonnier des FrançaisIl en danse de joie pendant que les Français se glorifient d’un haut fait d’armes. Les deux amis Deux amis pĂȘcheurs se rencontrent et dĂ©cident d’aller pĂȘcher dans leur coin favori malgrĂ© la guerre qui fait rage. Ils sont arrĂȘtĂ©s par des Prussiens qui les prennent pour des espions. Ils meurent pour avoir refusĂ© de donner le mot d’ordre permettant d’entrer dans la ville. 2 Le pĂšre Milon est un personnage fier, haineux envers les Prussiens, assoiffĂ© de vengeance pour la mort de son pĂšre et de son fils. Walter Schnaffs est un bon pĂšre de famille, bon vivant, qui se prĂ©occupe des siens. Il dĂ©teste la guerre ce qui le rend peureux et lĂąche. Les deux amis sont des pĂȘcheurs du dimanche, calmes, doux, tranquilles. Ils cherchent Ă  retrouver le plaisir d’avant-guerre d’une partie de pĂȘche. Ils font preuve de courage en refusant de donner le mot d’ordre qui permettrait aux Prussiens d’envahir la ville. L’officier prussien fait preuve de sang-froid et de cynisme. Impassible, il ordonne l’exĂ©cution des deux amis et se rĂ©jouit de manger leurs poissons. 4 Maupassant dĂ©crit des personnages hauts en couleur, qui font penser Ă  des personnages-types comme ceux des portraits de La BruyĂšre. Maupassant aime utiliser le discours direct pour rendre plus vivant et dynamique son rĂ©cit, et on retrouve le mĂȘme procĂ©dĂ© chez La BruyĂšre. 5 Maupassant dĂ©peint la nature humaine surtout Ă  travers un rĂ©cit, en racontant une histoire, un fait divers prĂ©cis. La BruyĂšre lui s’attache Ă  dĂ©crire seulement un personnage et ne raconte pas une histoire. Devoir 1STMG2 sur La Besace de La Fontaine et le portrait d’IrĂšne de La BruyĂšre 14 octobre 2021 / Leave a comment RĂ©ponds en faisant des phrases et en soignant l’écriture. La Besace de La Fontaine 1 Jupiter dit un jour Que tout ce qui respire S’en vienne comparaĂźtre aux pieds de ma grandeur. » Quand se situe l’histoire ? Comment le sais-tu ? 1 Comment Jupiter se considĂšre-t-il ? RelĂšve ce qui le montre dans ce passage. 1 2 Si dans son composĂ© quelqu’un trouve Ă  redire, Il peut le dĂ©clarer sans peur Je mettrai remĂšde Ă  la chose. » Que propose Jupiter aux animaux ? 1 3 Venez Singe, parlez le premier, et pour cause. Voyez ces animaux faites comparaison De leurs beautĂ©s avec les vĂŽtres. Êtes-vous satisfait ? » Propose deux Ă©lĂ©ments d’analyse qui prouvent que dans ce passage Jupiter incite le singe Ă  prendre la parole. 2 4 Moi, dit-il, pourquoi non ? N’ai-je pas quatre pieds aussi-bien que les autres ? Mon portrait jusqu’ici ne m’a rien reprochĂ©. Mais pour mon frĂšre l’Ours, on ne l’a qu’ébauchĂ©. Jamais, s’il me veut croire, il ne se fera peindre. » Explique la rĂ©ponse du singe en t’appuyant sur trois Ă©lĂ©ments analysĂ©s. 3 5 Le Fabricateur souverain Nous crĂ©a Besaciers tous de mĂȘme maniĂšre, Tant ceux du temps passĂ© que du temps d’aujourd’hui. Il fit pour nos dĂ©fauts la poche de derriĂšre, Et celle de devant pour les dĂ©fauts d’autrui. 2 Que contient cette fin de fable ? Que veut dire La Fontaine ? Quelle image utilise-t-il pour faire passer son idĂ©e ? Pourquoi Ă©voque-t-il Ă  la fois le temps passĂ© » et le temps d’aujourd’hui » ? Le portrait d’IrĂšne de La BruyĂšre 1 IrĂšne se transporte Ă  grands frais en Épidaure1, voit Esculape2 dans son temple, et le consulte sur tous ses maux. » Propose une explication prĂ©cise de ce passage en t’appuyant sur l’analyse de certains procĂ©dĂ©s d’écriture. 3 2 D’abord elle se plaint qu’elle est lasse et recrue de fatigue ; et le dieu prononce que cela lui arrive par la longueur du chemin qu’elle vient de faire ; elle dit qu’elle est le soir sans appĂ©tit ; l’oracle3 lui ordonne de dĂźner peu ; elle ajoute qu’elle est sujette Ă  des insomnies ; et il lui prescrit de n’ĂȘtre au lit que pendant la nuit. » Comment les paroles sont-elles rapportĂ©es dans ce passage ? Justifie en citant et en analysant. 2 Quel est l’effet produit par cette Ă©numĂ©ration de questions et de rĂ©ponses ? 1 3 Ma vue s’affaiblit, dit IrĂšne ; – Prenez des lunettes, dit Esculape ; – je m’affaiblis moi-mĂȘme, continue-t-elle, et je ne suis ni si forte ni si saine que j’ai Ă©tĂ© ; – C’est, dit le dieu, que vous vieillissez ; – mais quel moyen de guĂ©rir de cette langueur5 ? – Le plus court, IrĂšne, c’est de mourir, comme ont fait votre mĂšre et votre aĂŻeule. » Comment les paroles sont-elles rapportĂ©es dans ce passage ? 1 RelĂšve le champ lexical de la vieillesse. Que veut IrĂšne ? Que veut faire comprendre Esculape Ă  IrĂšne avec sa derniĂšre rĂ©ponse ? 2 4 ne savais-je pas tous ces remĂšdes que vous m’enseignez ? – Que n’en usiez-vous donc, rĂ©pond le dieu, sans venir me chercher de si loin, et abrĂ©ger vos jours par un long voyage ? » Quelle idĂ©e La BruyĂšre fait-il passer, Ă  travers la rĂ©ponse d’Esculape Ă  IrĂšne ? 1 1Épidaure sanctuaire de la GrĂšce antique oĂč se rendaient les pĂšlerins soucieux de leur santĂ©. 2Esculape dieu romain de la mĂ©decine AsclĂ©pios chez les Grecs, fils d’Apollon. 3L’oracle prophĂšte par la voix duquel s’exprime le dieu. 5Langueur affaiblissement, Ă©puisement. Le portrait de Gnathon explication linĂ©aire 13 octobre 2021 / Leave a comment Vous pouvez cliquer ici pour dĂ©couvrir l’étude du texte sous forme de carte mentale. Ci-dessous vous retrouve l’explication linĂ©aire sous la forme plus classique du tableau Citations ProcĂ©dĂ©s InterprĂ©tation Étape 1 IdĂ©e gĂ©nĂ©rale, Ă©vocation du caractĂšre l. 1 – 2 Gnathon ne vit que pour soi, et tous les hommes ensemble sont Ă  son Ă©gard comme s’ils n’étaient point – nom propre ; en gnathos » signifie mĂąchoire » synecdoque ? dimension mĂ©taphorique. – restriction ne
 que » + pronom personnel soi » – antithĂšse Gnathon singulier / tous les hommes ensemble » pluriel ; entourage anonyme + nĂ©gation totale – Recours au prĂ©sent de l’indicatif. – Le personnage est rĂ©duit Ă  sa fonction masticatoire ce qui le place sous le signe de la gloutonnerie ce qui se vĂ©rifiera par la suite. – L’égocentrisme, l’amour-propre excessif du personnage apparaissent dĂšs la premiĂšre phrase. – Nouveaux indices de l’égocentrisme de Gnathon. Les autres sont niĂ©s dans leur existence mĂȘme. = ManiĂšre de penser de Gnathon. – Portrait, non d’un individu en particulier, mais d’une facette peu glorieuse de la nature humaine ? valeur exemplaire caractĂšre, type. ? Tous ces Ă©lĂ©ments permettent de dĂ©velopper une figure caricaturale et reprĂ©sentative d’un vice. Étape 2 Illustration du trait de personnalitĂ© Ă  table l. 2 Ă  14 non content de remplir Ă  une table la premiĂšre place, il occupe Ă  lui seul celle de deux autres ; il oublie que le repas est pour lui et pour toute la compagnie, il se rend maĂźtre du plat, et fait son propre de chaque service ; il ne s’attache Ă  aucun des mets, qu’il n’ait achevĂ© d’essayer de tous, il voudrait pouvoir les savourer tous tout Ă  la fois il ne se sert Ă  table que de ses mains, il manie les viandes, les remanie, dĂ©membre, dĂ©chire, et en use de maniĂšre qu’il faut que les conviĂ©s, s’ils veulent manger, mangent ses restes il ne leur Ă©pargne aucune de ces malpropretĂ©s dĂ©goĂ»tantes, capables d’îter l’appĂ©tit aux plus affamĂ©s ; le jus et les sauces lui dĂ©gouttent du menton et de la barbe ; s’il enlĂšve un ragoĂ»t de dessus un plat, il le rĂ©pand en chemin dans un autre plat et sur la nappe, on le suit Ă  la trace ; [il mange haut et avec grand bruit, il roule les yeux en mangeant, la table est pour lui un rĂątelier ; il Ă©cure ses dents, et il continue Ă  manger.] – Non content de » expression – Champ lexical du repas rĂ©pĂ©tition insistante de certains mots – antithĂšse lui seul » pronom et adjectif / deux autres » – champ lexical militaire – rĂ©pĂ©tition hyperbolique de tous » – recours au prĂ©sent de l’indicatif, rĂ©pĂ©tition de il » et juxtaposition + Ă©numĂ©ration de verbes + mots de la famille de mains » – les conviĂ©s » GN dĂ©signation gĂ©nĂ©rale il » – plĂ©onasme malpropretĂ©s dĂ©goĂ»tantes » + redondances volontaires tous tout Ă  la fois », manger, mangent » + antithĂšse ĂŽter l’appĂ©tit » / plus affamĂ©s » – paronymes dĂ©goĂ»tantes » et dĂ©gouttent » pluriel – prĂ©sent de narration + rythme rapide phrases juxtaposĂ©es, Ă©noncĂ©s brefs – polyptote du verbe manger » ce dernier apparaĂźt presque sous toutes ses formes grammaticales infinitif, gĂ©rondif, formes conjuguĂ©es. – Ne se borne pas Ă  ce qu’il a. – Il vient illustrer la gloutonnerie grotesque, la voracitĂ©. – Pour Gnathon, lui seul compte. – Caricature Gnathon part en campagne. – IdĂ©e de gloutonnerie. – Il rĂ©pĂšte toujours les mĂȘmes actions. ÉgoĂŻsme ancrĂ© en lui. CaractĂšre mĂ©canique et excessif. La rĂ©pĂ©tition du pronom donne l’impression que Gnathon est partout. Et la voracitĂ© est toujours prĂ©sente grĂące aux mains. – Les autres apparaissent Ă  nouveau comme secondaires. – Insistance sur la dimension rĂ©pugnante du personnage. – Emploi ironique, nouvelle insistance sur la dimension rĂ©pugnante. – Peinture d’une scĂšne prise sur le vif. – Gnathon est rĂ©ductible Ă  cette action primaire de manger. Gnathon est animalisĂ© Étape 3 Illustration du trait de personnalitĂ© en sociĂ©tĂ©, dans les lieux publics l. 14 Ă  21 Il se fait quelque part oĂč il se trouve, une maniĂšre d’établissement, et ne souffre pas d’ĂȘtre plus pressĂ© au sermon ou au théùtre que dans sa chambre ; il n’y a dans un carrosse que les places du fond qui lui conviennent, dans toute autre, si on veut l’en croire, il pĂąlit et tombe en faiblesse ; s’il fait un voyage avec plusieurs, il les prĂ©vient dans les hĂŽtelleries, et il sait toujours se conserver dans la meilleure chambre le meilleur lit ; il tourne tout Ă  son usage, ses valets, ceux d’autrui courent dans le mĂȘme temps pour son service ; tout ce qu’il trouve sous sa main lui est propre, hardes, Ă©quipage. – quelque part oĂč il se trouve » – Formes pronominales, rĂ©flexives des verbes se » + tournures nĂ©gatives – rĂ©pĂ©tition de la restriction ne
 que » – hypothĂ©tique si
 » + champ lexical du malaise. – plusieurs » dĂ©signation gĂ©nĂ©rale. – adverbe toujours » Ă  dimension hyperbolique + rĂ©pĂ©tition du superlatif meilleure » et meilleur ». – rĂ©pĂ©tition du sujet il ». + Importance des pronoms et dĂ©terminants possessifs + rĂ©pĂ©tition du pronom indĂ©fini tout » dimension hyperbolique. – Il se croit partout chez lui. – Cela fait disparaĂźtre le reste de l’humanitĂ©. NĂ©gation des autres. L’égocentrique n’est tournĂ© que vers lui-mĂȘme. – Étroitesse d’esprit de Gnathon. Son monde se rĂ©duit Ă  certaines choses. Il est exigeant. – Gnathon est un personnage artificiel et théùtral. – IndĂ©termination. Cela traduit le mĂ©pris pour les autres. – Constance du portrait tout reste centrĂ© sur sa propre personne. – Il se fait maĂźtre et possesseur de tout ce qui l’entoure. Gnathon est obsĂ©dĂ© par l’avoir au dĂ©triment de l’ĂȘtre. Il souhaite tout possĂ©der et tout garder pour lui. Personnage Ă©goĂŻste et excessif. Il transgresse tous les codes de la politesse et de la civilitĂ©. ? Gnathon ne s’attache qu’au matĂ©riel spirituel. Il est rĂ©duit Ă  des actions primaires manger, dormir. Par le biais de l’accumulation de situations, le lecteur fait le tour du personnage qui est vĂ©ritablement odieux. ? Gnathon est mis en scĂšne dans des situations propres Ă  la vie mondaine du XVIIĂšme siĂšcle, dont il transgresse impunĂ©ment les codes. La BruyĂšre dresse donc l’anti-portrait de l’honnĂȘte homme, figure idĂ©ale du XVIIĂšme siĂšcle. Celui-ci se montre humble, courtois et cultivĂ© mais sans excĂšs. Il s’adapte Ă  son entourage Ă  qui il se rend agrĂ©able et fait preuve de discrĂ©tion tout le contraire de Gnathon. Il est le repĂšre Ă  partir duquel on mesure les Ă©carts que ridiculisent les moralistes dans leurs satires. Étape 4 Un grand mĂ©pris pour autrui l. 21 Ă  25 il embarrasse tout le monde, ne se contraint pour personne, ne plaint personne, ne connaĂźt de maux que les siens, que sa rĂ©plĂ©tion et sa bile ; ne pleure point la mort des autres, n’apprĂ©hende que la sienne, qu’il rachĂšterait volontiers de l’extinction du genre humain. – antithĂšse il » singulier / tout le monde » + pronom indĂ©fini personne ». – restriction associĂ©e au pronom possessif les siens ». – Ă©cho avec la premiĂšre phrase du texte pronom possessif + nouvelle antithĂšse la mort des autres » pluriel / que la sienne » singulier. – gradation dans la derniĂšre phrase jusqu’à la mort. GN genre humain » qui entre en opposition avec Gnathon » au dĂ©but du texte. – Les autres sont relĂ©guĂ©s au second plan. – Ces formulations soulignent clairement son Ă©goĂŻsme. – Personnage inquiĂ©tant, il serait prĂȘt Ă  sacrifier tous les autres pour se sauver ? summum de l’égoĂŻsme. Conclusion Ce passage est un portrait en action et le personnage se ridiculise. Gnathon est le type mĂȘme de l’égoĂŻste. La caricature est destinĂ©e Ă  frapper le lecteur. Mais il ne s’agit pas uniquement de la peinture d’un goinfre et d’un malotru. Comme tout auteur classique, La BruyĂšre se fixe comme objectif de dĂ©peindre pour corriger. Le moraliste dresse en effet le portrait d’un anti-honnĂȘte homme, qui ne respecte aucunement les rĂšgles sociales. Le fond est comique mais Gnathon est un personnage dangereux, en tĂ©moigne la derniĂšre phrase. Merci Ă  Clotilde Blanche-Dudicourt pour son analyse. Le portrait de Gnathon 13 octobre 2021 / Leave a comment Jean de La BruyĂšre, Les CaractĂšres, De l’Homme », 121, 1688. Parcours peindre les Hommes, examiner la nature humaine ne vit que pour soi, et tous les hommes ensemble sont Ă  son Ă©gard comme s’ils n’étaient point non content de remplir Ă  une table la premiĂšre place, il occupe Ă  lui seul celle de deux autres ; il oublie que le repas est pour lui et pour toute la compagnie, il se rend maĂźtre du plat, et fait son propre[1] de chaque service ; il ne s’attache Ă  aucun des mets, qu’il n’ait achevĂ© d’essayer de tous, il voudrait pouvoir les savourer tous tout Ă  la fois il ne se sert Ă  table que de ses mains, il manie les viandes, les remanie, dĂ©membre, dĂ©chire, et en use de maniĂšre qu’il faut que les conviĂ©s, s’ils veulent manger, mangent ses restes il ne leur Ă©pargne aucune de ces malpropretĂ©s dĂ©goĂ»tantes, capables d’îter l’appĂ©tit aux plus affamĂ©s ; le jus et les sauces lui dĂ©gouttent[2] du menton et de la barbe ; s’il enlĂšve un ragoĂ»t de dessus un plat, il le rĂ©pand en chemin dans un autre plat et sur la nappe, on le suit Ă  la trace ; il mange haut et avec grand bruit, il roule les yeux en mangeant, la table est pour lui un rĂątelier[3] ; il Ă©cure[4] ses dents, et il continue Ă  manger. Il se fait quelque part oĂč il se trouve, une maniĂšre d’établissement[5], et ne souffre pas d’ĂȘtre plus pressĂ© au sermon[6] ou au théùtre que dans sa chambre ; il n’y a dans un carrosse que les places du fond[7] qui lui conviennent, dans toute autre, si on veut l’en croire, il pĂąlit et tombe en faiblesse ; s’il fait un voyage avec plusieurs, il les prĂ©vient[8] dans les hĂŽtelleries, et il sait toujours se conserver dans la meilleure chambre le meilleur lit ; il tourne tout Ă  son usage, ses valets, ceux d’autrui courent dans le mĂȘme temps pour son service ; tout ce qu’il trouve sous sa main lui est propre, hardes[9], Ă©quipage ; il embarrasse tout le monde, ne se contraint pour personne, ne plaint personne, ne connaĂźt de maux que les siens, que sa rĂ©plĂ©tion[10] et sa bile[11] ; ne pleure point la mort des autres, n’apprĂ©hende que la sienne, qu’il rachĂšterait volontiers de l’extinction du genre humain. [1] Sa propriĂ©tĂ© personnelle. [2] DĂ©goulinent [3] Mangeoire pour le bĂ©tail [4] Curer complĂštement [5] Installation dĂ©finitive [6] Messe [7] Les meilleures [8] Les devance, leur passe devant [9] VĂȘtements [10] État d’un organe rempli, plein ici, l’estomac [11] Liquide sĂ©crĂ©tĂ© par le foie et responsable, d’aprĂšs la thĂ©orie des humeurs, de la morositĂ©. Le portrait d’IrĂšne Ă©tude linĂ©aire 24 septembre 2021 / 2 commentaires sur Le portrait d’IrĂšne Ă©tude linĂ©aire Le livre XI des CaractĂšres, intitulĂ© De l’Homme », brosse un portrait d’aprĂšs nature » de l’ĂȘtre humain, ainsi que La BruyĂšre le formule dans sa prĂ©face. S’appuyant sur ses propres observations de la vie de cour, le moraliste rĂ©dige des maximes et des portraits de types sociaux incarnant des dĂ©fauts et des vices communĂ©ment rĂ©pandus. Le portrait d’IrĂšne se distingue pourtant des autres Ă  bien des Ă©gards. En effet, le fragment 35 prend la forme d’un dialogue plein de vivacitĂ©, qui joue du dĂ©calage burlesque entre le ton familier d’une banale consultation mĂ©dicale et la noblesse du sujet puisque IrĂšne, dans le sanctuaire d’Épidaure, converse avec un dieu. Mouvements du texte Ă©tape 1 PrĂ©sentation des personnages, du cadre et du sujet l. 1 et 2 ; Ă©tape 2 Une consultation mĂ©dicale burlesque l. 2 Ă  9 ; Ă©tape 3 De l’humour au sĂ©rieux l. 9 Ă  12 ; Ă©tape 4 Une satire de la faiblesse humaine l. 12 Ă  17. ProblĂ©matique Comment La BruyĂšre amĂšne-t-il le lecteur Ă  une rĂ©flexion sur la nature humaine, Ă  travers le portrait d’IrĂšne ? InterprĂ©tation Citations Analyse Étape 1 PrĂ©sentation des personnages, du cadre et du sujet l. 1 et 2 – Dimension ironique le personnage est trĂšs anxieux, tourmentĂ©. – Dynamisme. – On campe le dĂ©cor la GrĂšce, prĂ©sente briĂšvement les deux personnages fantaisie une femme et un dieu et prĂ©cise le sujet une consultation. – VolontĂ© d’exagĂ©rer et de souligner le caractĂšre hypocondriaque de certains contemporains IrĂšne se transporte Ă  grands frais en Épidaure, voit Esculape dans son temple, et le consulte sur tous ses maux l. 1 et 2. – Nom propre IrĂšne » issu du grec eirĂȘnĂȘ qui signifie la paix ». Il s’agit d’une antiphrase. – Recours au prĂ©sent de narration. – Noms propres grecs Épidaure » et Esculape » + terme temple » – Termes renvoyant Ă  la maladie consulte », maux ». – Hyperboles adjectifs grands » et tous » La BruyĂšre, auteur classique, multiplie les rĂ©fĂ©rences Ă  l’AntiquitĂ© – Épidaure Sanctuaire dĂ©diĂ© Ă  AsclĂ©pios GrĂšce. – Esculape en latin ou AsclĂ©pios en grec fils d’Apollon, il est le dieu grĂ©co-romain de la mĂ©decine. Son principal lieu de culte est situĂ© Ă  Épidaure. Étape 2 Une consultation mĂ©dicale burlesque l. 2 Ă  10 InterprĂ©tation Citations Analyse – L’Homme se complaĂźt dans la plainte sur son sort. Les erreurs de raisonnement d’IrĂšne sont plaisamment soulignĂ©es. – Invitation Ă  la mesure. – SimplicitĂ© des rĂ©ponses. RapiditĂ© et enchaĂźnement jeu de questions / rĂ©ponses et prescriptions. Comique de rĂ©pĂ©tition ? dimension burlesque. Les plaintes ne portent que sur des maux courants, de la vie quotidienne. Les rĂ©ponses d’Esculape font appel Ă  la logique et au bon sens = truismes. Elles sont brĂšves et ne rĂ©pondent pas du tout aux espĂ©rances d’IrĂšne celle-ci espĂšre un miracle. ? À travers IrĂšne, La BruyĂšre fait la peinture du mode de vie des courtisans, avec son intempĂ©rance excĂšs, ses nuits sans sommeil, ses fĂȘtes et sa paresse. Le portrait tourne alors Ă  la satire de la cour et des dames Ă  vapeurs », gourmandes, paresseuses. C’est lĂ  le contraire de l’idĂ©al classique de la juste mesure l’honnĂȘte homme. D’abord elle se plaint [qu’elle est lasse et recrue de fatigue] ; et le dieu prononce [que cela lui arrive par la longueur du chemin qu’elle vient de faire] ; elle dit [qu’elle est le soir sans appĂ©tit] ; l’oracle lui ordonne de dĂźner peu ; elle ajoute [qu’elle est sujette Ă  des insomnies] ; et il lui prescrit de n’ĂȘtre au lit que pendant la nuit. Elle lui demande [pourquoi elle devient pesante, et quel remĂšde] ; l’oracle rĂ©pond [qu’elle doit se lever avant midi, et quelquefois se servir de ses jambes pour marcher]. Elle lui dĂ©clare [que le vin lui est nuisible] ; l’oracle lui dit de boire de l’eau ; [qu’elle a des indigestions], et il ajoute [qu’elle fasse diĂšte] l. 2 Ă  10. – redondance lasse et recrue de fatigue » + champ lexical des maux termes nĂ©gatifs et pĂ©joratifs comme sans appĂ©tit », ni ni », maux », lasse » – rĂ©pĂ©tition 11 questions / rĂ©ponses – Adverbe peu », tournure restrictive n’
que », expression f[aire] diĂšte » – Discours indirect cf. verbes de parole. Phrases juxtaposĂ©es et coordonnĂ©es rĂ©pĂ©tition de et » plainte d’IrĂšne et rĂ©ponse d’Esculape rĂ©pĂ©tition des termes elle » / l’oracle » qui entrent systĂ©matiquement en opposition. Absence de maux vĂ©ritables. IrĂšne est hypocondriaque d’oĂč les nombreuses dolĂ©ances du personnage, ce qui entraĂźne l’exaspĂ©ration de l’oracle. La conduite des hommes est paradoxale ils veulent vivre longtemps, mais nĂ©gligent leur santĂ©. Pour le lecteur de l’époque, derriĂšre IrĂšne se profile Mme de Montespan, l’autoritaire maĂźtresse de Louis XIV, qui vivait Ă  grands frais », se disait toujours recrue de fatigue », et avait une crainte maladive de la mort. Le long voyage d’IrĂšne pour consulter un mĂ©decin rappelait aux contemporains les frĂ©quentes cures thermales de Mme de Montespan pour guĂ©rir tous ses maux ». Un mĂ©decin lui aurait rĂ©pondu comme Esculape. Enfin, le prĂ©nom IrĂšne », ancienne impĂ©ratrice de Byzance et conspiratrice ambitieuse, pouvait Ă©galement faire penser Ă  la favorite officielle du roi. Le fragment 35 prend la forme d’un dialogue plein de vivacitĂ©, qui joue du dĂ©calage burlesque entre le ton familier d’une banale consultation mĂ©dicale et la noblesse du sujet puisque IrĂšne, dans un temple de la GrĂšce antique, converse avec un dieu. Étape 3 De l’humour au sĂ©rieux l. 10 Ă  15 InterprĂ©tation Citations Analyse – Dimension encore plus vivante et dynamique de l’échange entre les deux personnages ? vĂ©ritable vivacitĂ© théùtrale saynĂšte. – Les malaises Ă©voquĂ©s sont plus sĂ©rieux et existentiels la vieillesse et la mort. – Ces Ă©lĂ©ments renvoient Ă  une scĂšne du XVIIĂšme siĂšcle, et non Ă  l’antiquitĂ©. – Condamnation de l’amour-propre l’obsession de la santĂ© constitue aux yeux des moralistes une prĂ©occupation Ă©goĂŻste et pĂ©cheresse. + rappel de la finitude humaine l’homme ne peut Ă©chapper Ă  sa condition de mortel, comme ses ancĂȘtres. Ma vue s’affaiblit, dit IrĂšne ; – Prenez des lunettes, dit Esculape ; – Je m’affaiblis moi-mĂȘme, continue-t-elle, et je ne suis ni si forte ni si saine que j’ai Ă©tĂ© ; – C’est, dit le dieu, que vous vieillissez ; – mais quel moyen de guĂ©rir de cette langueur ? – Le plus court, IrĂšne, c’est de mourir, comme ont fait votre mĂšre et votre aĂŻeule l. 10 Ă  15 Recours au discours direct. – RĂ©pĂ©tition du verbe pronominal s’affaiblir » + nĂ©gations ne », ni
ni » – terme connotĂ© langueur » XVIIĂšme siĂšcle + anachronisme des lunettes ». – hyperbole moqueuse lapalissade + comparaison comme
 » IrĂšne est une femme d’ñge mĂ»r. Elle n’a pas de maladies aiguĂ«s, mais uniquement des maux chroniques, dus Ă  la sĂ©nescence, Ă  la dĂ©gĂ©nĂ©rescence naturelle. AprĂšs avoir opposĂ© les faux remĂšdes dont rĂȘve IrĂšne aux vrais remĂšdes naturels, La BruyĂšre critique, en passant au style direct, les sottes illusions des hommes qui croient qu’on peut guĂ©rir les maux incurables, qu’il existe un remĂšde contre la fatalitĂ© du temps. Étape 4 Une satire de la faiblesse humaine l. 15 Ă  20 InterprĂ©tation Citations Analyse – Elle rappelle le statut de l’interlocuteur d’IrĂšne elle s’adresse au dieu de la mĂ©decine lui-mĂȘme. – Ces questions soulignent l’agacement, la colĂšre d’IrĂšne. Elle fait preuve d’irrespect ton mĂ©prisant et met en doute la science » du dieu. Elle espĂ©rait une guĂ©rison merveilleuse. Pour finir, IrĂšne prĂ©tend ĂȘtre son Ă©gale elle est prĂ©somptueuse. – Reproche d’Esculape. – C’est en quelque sorte la morale. Tout homme doit ĂȘtre son propre mĂ©decin et pour cela pratiquer une hygiĂšne mĂ©decine n’est pas une science mystĂ©rieuse capable de faire des miracles. Il n’existe pas d’élixir de jouvence, de potion rajeunissante. Les seuls vrais remĂšdes sont donnĂ©s par la nature natura medicatrix et chaque homme peut les utiliser sans avoir recours Ă  des cures au terme de longs voyages qui ne sont que divertissement » au sens pascalien du terme. – Fils d’Apollon, s’écrie IrĂšne, quel conseil me donnez-vous ? Est-ce lĂ  toute cette science que les hommes publient, et qui vous fait rĂ©vĂ©rer de toute la terre ? que m’apprenez-vous de rare et de mystĂ©rieux, et ne savais-je pas tous ces remĂšdes que vous m’enseignez ? – Que n’en usiez-vous donc, rĂ©pond le dieu, sans venir me chercher de si loin, et abrĂ©ger vos jours par un long voyage ? » l. 15 Ă  20 – PĂ©riphrase dĂ©signant Esculape. – ÉnumĂ©ration de questions rhĂ©toriques. Adjectifs indĂ©finis et dĂ©terminants dĂ©monstratifs toute », cette » + verbe “s’écrier” – Question rhĂ©torique sous forme d’interro-nĂ©gative association du verbe savoir » et du GN tous ces remĂšdes » adjectif indĂ©fini hyperbolique tous ». La tournure Que ne » sert dans la langue littĂ©raire Ă  exprimer le regret, le reproche pronom interrogatif que » + adverbe de nĂ©gation ne ». ? Pointe, chute. ConcrĂštement, Ă  travers le dieu, le moraliste donne des conseils Ă©lĂ©mentaires de vie la mĂ©decine ne peut tout soigner ; mais, pour garder la santĂ©, il faut ĂȘtre tempĂ©rant, ne pas hĂ©siter devant l’effort et se fier Ă  son bon sens – IrĂšne avait trouvĂ© elle-mĂȘme les remĂšdes». D’un point de vue plus existentiel, La BruyĂšre indique les erreurs Ă  Ă©viter il faut se rĂ©soudre Ă  ne pas rester toujours jeune, ne pas aller contre la condition humaine – au fond, ne pas commettre la faute de PromĂ©thĂ©e qui voulait Ă©galer les dieux immortels, eux. Implicitement, et plus positivement, dans la derniĂšre phrase, c’est une leçon de luciditĂ© mais aussi d’épicurisme que dĂ©livre le dieu plutĂŽt que de se plaindre et courir aprĂšs la fontaine de jouvence, l’homme doit profiter du temps qui lui est concĂ©dĂ©, sans le perdre dans d’inutiles longs voyages ». En somme, La BruyĂšre incite au bonheur simple et reprend le carpe diem » des Anciens. En liant rĂ©fĂ©rences antiques et universalitĂ©, La BruyĂšre apparaĂźt bien comme un auteur classique voir le point sur le classicisme dans la sĂ©ance 2. Conclusion Critiquant Ă  la fois les illusions des malades et les erreurs des mĂ©decins, La BruyĂšre reprend certains thĂšmes de SĂ©nĂšque que traiteront aprĂšs lui FĂ©nelon, Rousseau et Voltaire. Le moraliste oppose les drogues, la vaine science des hommes qui ne donnent que des rĂ©sultats illusoires, Ă  l’hygiĂšne naturelle qui est une vertu du sage. Soutenu par sa foi chrĂ©tienne, il prĂȘche la rĂ©signation devant l’inĂ©vitable. Merci Ă  ma collĂšgue Clotilde Blanche-Dudicourt pour l’étude linĂ©aire de ce texte et pour le travail partagĂ© sur cette sĂ©quence. Le portrait d’IrĂšne 24 septembre 2021 / Leave a comment Parcours peindre les Hommes, examiner la nature humaine se transporte Ă  grands frais en Épidaure1, voit Esculape2 dans son temple, et le consulte sur tous ses maux. D’abord elle se plaint qu’elle est lasse et recrue de fatigue ; et le dieu prononce que cela lui arrive par la longueur du chemin qu’elle vient de faire ; elle dit qu’elle est le soir sans appĂ©tit ; l’oracle3 lui ordonne de dĂźner peu ; elle ajoute qu’elle est sujette Ă  des insomnies ; et il lui prescrit de n’ĂȘtre au lit que pendant la nuit. Elle lui demande pourquoi elle devient pesante4, et quel remĂšde ; l’oracle rĂ©pond qu’elle doit se lever avant midi, et quelquefois se servir de ses jambes pour marcher. Elle lui dĂ©clare que le vin lui est nuisible ; l’oracle lui dit de boire de l’eau ; qu’elle a des indigestions, et il ajoute qu’elle fasse diĂšte. Ma vue s’affaiblit, dit IrĂšne ; – Prenez des lunettes, dit Esculape ; – je m’affaiblis moi-mĂȘme, continue-t-elle, et je ne suis ni si forte ni si saine que j’ai Ă©tĂ© ; – C’est, dit le dieu, que vous vieillissez ; – mais quel moyen de guĂ©rir de cette langueur5 ? – Le plus court, IrĂšne, c’est de mourir, comme ont fait votre mĂšre et votre aĂŻeule. – Fils d’Apollon, s’écrie IrĂšne, quel conseil me donnez-vous ? Est-ce lĂ  toute cette science que les hommes publient6, et qui vous fait rĂ©vĂ©rer7 de toute la terre ? que m’apprenez-vous de rare et de mystĂ©rieux, et ne savais-je pas tous ces remĂšdes que vous m’enseignez ? – Que n’en usiez-vous donc, rĂ©pond le dieu, sans venir me chercher de si loin, et abrĂ©ger vos jours par un long voyage ? » Jean de La BruyĂšre, Les CaractĂšres, De l’Homme », 35, 1688. 1Épidaure sanctuaire de la GrĂšce antique oĂč se rendaient les pĂšlerins soucieux de leur santĂ©. 2Esculape dieu romain de la mĂ©decine AsclĂ©pios chez les Grecs, fils d’Apollon. 3L’oracle prophĂšte par la voix duquel s’exprime le dieu. 4Pesante corpulente. 5Langueur affaiblissement, Ă©puisement. 6Publient vantent. 7RĂ©vĂ©rer vĂ©nĂ©rer. Le jeu simple et addictif CodyCross est le genre de jeu oĂč tout le monde a tĂŽt ou tard besoin d’aide supplĂ©mentaire, car lorsque vous passez des niveaux simples, de nouveaux deviennent de plus en plus difficiles. 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Generated by cloudfront CloudFront Request ID N3zEmoXVNJ5-HvX161NodCymGn7Exig0y74HNr8DdV01iCL_JafJCg== Texte de MalebrancheTable des MatiĂšres1 Texte de Malebranche2 Texte de Rousseau3 Texte de Tocqueville4 Texte de Marx 5 Texte de Locke6 Texte de Montesquieu7 Texte de John Rawls8 Texte de Jean-Pierre Dupuy9 Texte de François Cusset 10 Texte de Karl Marx11 Texte de Pierre Bourdieu12 Texte de Rousseau13 Texte de Simone de Beauvoir14 Texte de Bourdieu 15 Texte Pfefferkom 16 Texte de Claire Peugny La nature humaine est Ă©gale en tous les hommes A l ’opposĂ© de Platon et des anciens philosophes en gĂ©nĂ©ral, lesquels tenaient la sociĂ©tĂ© pour naturellement hiĂ©rarchisĂ©e, le philosophe français catholique Malebranche 1638-1715 affirme ici, avant Rousseau et les philosophes du Contrat social, l’égalitĂ© naturelle de tous les hommes. Ce sont les institutions politiques et le pĂ©chĂ© pour Malebranche qui ont amenĂ© les hommes Ă  se diffĂ©rencier La nature humaine Ă©tant Ă©gale dans tous les hommes, et faite pour la raison, il n'y a que le mĂ©rite qui devrait nous distinguer, et la raison nous conduire. Mais le pĂ©chĂ© ayant laissĂ© la concupiscence dans ceux qui l'ont commis et dans leurs descendants, les hommes, quoi que naturellement tous Ă©gaux, ont cessĂ© de former entre eux une sociĂ©tĂ© d'Ă©galitĂ© sous une mĂȘme loi, la raison. La force, la loi des brutes, celle qui a dĂ©fĂ©rĂ© au lion l'empire des animaux, est devenue la maĂźtresse parmi les hommes; et l'ambition des uns et la nĂ©cessitĂ© des autres a obligĂ© tous les peuples Ă  abandonner pour ainsi dire Ă  Dieu, leur roi naturel et lĂ©gitime et la raison universelle, leur loi inviolable, pour choisir des protecteurs visibles, qui pussent par la force les dĂ©fendre contre une force ennemie. C'est donc le pĂ©chĂ© qui a introduit dans le monde la diffĂ©rence des qualitĂ©s et des conditions; car le pĂ©chĂ© ou la concupiscence supposĂ©e, c'est une nĂ©cessitĂ© qu'il y ait ces diffĂ©rences. La raison mĂȘme le veut ainsi, parce que la force est une loi qui doit ranger ceux qui ne suivent plus la raison. Enfin Dieu mĂȘme a approuvĂ© ces diffĂ©rences, comme il Ă©tait Ă©vident par les Saintes Ecritures.» Nicolas Malebranche, TraitĂ© de morale 1684 p 473, Google books. Texte de Rousseau Deux sortes d’inĂ©galitĂ©s Dans un texte indĂ©passable, le philosophe Jean-Jacques Rousseau explique que les inĂ©galitĂ©s des hommes en sociĂ©tĂ© sont le fait de l’histoire et des institutions et non pas de la nature C'est de l'homme que j'ai Ă  parler, et la question que j'examine m'apprend que je vais parler Ă  des hommes, car on n'en propose point de semblables quand on craint d’honorer la vĂ©ritĂ©. Je dĂ©fendrai donc avec confiance la cause de l'humanitĂ© devant les sages qui m'y invitent, et je ne serai pas mĂ©content de moi-mĂȘme si je me rends digne de mon sujet et de mes juges. Je conçois dans l'espĂšce humaine deux sortes d'inĂ©galitĂ©s ; l'une que j'appelle naturelle ou physique parce qu'elle est Ă©tablie par la nature, et qui consiste dans la diffĂ©rence des Ăąges, de la santĂ©, des forces du corps et des qualitĂ©s de l'esprit, ou de l’ñme; l'autre qu'on peut appeler inĂ©galitĂ© morale ou politique parce qu'elle dĂ©pend d'une sorte de convention, et qu’elle est Ă©tablie, ou du moins autorisĂ©e par le consentement des hommes. Celle-ci consiste dans les diffĂ©rents privilĂšges dont quelques-uns jouissent, au prĂ©judice des autres, comme d'ĂȘtre plus riches, plus honorĂ©s, plus puissants qu’eux, ou mĂȘme de s’en en faire obĂ©ir. On ne peut pas demander quelle est la source de l'inĂ©galitĂ© naturelle, parce que la rĂ©ponse se trouverait Ă©noncĂ©e dans la simple dĂ©finition du mot on peut encore moi chercher s’il n’y aurait point quelque liaison essentielle entre les deux inĂ©galitĂ©s; car ce serait demander, en d'autres termes, si ceux qui commandent valent nĂ©cessairement mieux que ceux qui obĂ©issent et si la force du corps ou de l'esprit, la sagesse ou la vertu, se trouvent toujours dans les mĂȘmes individus en proportion de la puissance ou de la richesse. Question bonne peut-ĂȘtre Ă  agiter entre des esclaves entendus de leurs maĂźtres, mais qui ne convient pas Ă  des hommes raisonnables et libres qui cherchent la vĂ©ritĂ©.» JeanJacques Rousseau, Discours sur l'inĂ©galitĂ© et les fondements de l’inĂ©galitĂ© parmi les hommes,1755, premiĂšre partie, Coll. Classiques et Cie », Ed. Hatier, 2007, pp. 28-29. L’inĂ©galitĂ© d’institution Une certaine forme d’inĂ©galitĂ© existe sans doute Ă  l’état de nature, mais elle est minime, car son incidence reste faible. Les inĂ©galitĂ©s qui nous aliĂšnent sont sociales, et largement alĂ©atoires En effet, il est aisĂ© de voir qu'entre les diffĂ©rences qui distinguent les hommes, plusieurs passent pour naturelles qui sont uniquement l'ouvrage de l'habitude et des divers genres de vie que les hommes adoptent dans la sociĂ©tĂ©. Ainsi, un tempĂ©rament robuste ou dĂ©licat, la force ou la faiblesse qui en dĂ©pendent, viennent souvent plus de la maniĂšre dure ou effĂ©minĂ©e dont on a Ă©tĂ© Ă©levĂ©, que de la constitution primitive des corps. Il en est de mĂȘme des forces de l'esprit, et non seulement l'Ă©ducation met de la diffĂ©rence entre les esprits cultivĂ©s et ceux qui ne le sont pas, mais elle augmente celle qui se trouve entre les premiers Ă  proportion de la culture ; car qu'un gĂ©ant et un nain marchent sur la mĂȘme route, chaque pas qu'ils feront l'un et l'autre donnera un nouvel avantage au gĂ©ant. Or, si l'on compare la diversitĂ© prodigieuse d'Ă©ducations et de genres de vie qui rĂšgne dans les diffĂ©rents ordres de l'Ă©tat civil avec la simplicitĂ© et l'uniformitĂ© de la vie animale et sauvage, oĂč tous se nourrissent des mĂȘmes aliments, vivent de la mĂȘme maniĂšre, et font exactement les mĂȘmes choses, on comprendra combien la diffĂ©rence d'homme Ă  homme doit ĂȘtre moindre dans l'Ă©tat de nature que dans celui de sociĂ©tĂ©, et combien l'inĂ©galitĂ© naturelle doit augmenter dans l'espĂšce humaine par l'inĂ©galitĂ© d'institution. » Rousseau, Discours sur l'inĂ©galitĂ© 1755, PremiĂšre partie, Coll. Classiques et Cie », Ed. Hatier, 2007, pp 62-63. Texte de Tocqueville La dĂ©mocratie brise la chaĂźne Tocqueville Ă©tablit ici la genĂšse et examine les consĂ©quences de l’individualisme dĂ©mocratique. L’égalitarisme a pour effet d’isoler les hommes et de les rendre relativement indiffĂ©rents au sort de leurs compatriotes Chaque classe venant Ă  se rapprocher des autres et Ă  s'y mĂȘler, ses membres deviennent indiffĂ©rents et comme Ă©trangers entre eux. L'aristocratie avait fait de tous les citoyens une longue chaĂźne qui remontait du paysan au roi ; la dĂ©mocratie brise la chaĂźne et met chaque anneau Ă  part. A mesure que les conditions s'Ă©galisent, il se rencontre un plus grand nombre d'individus qui, n'Ă©tant plus assez riches ni assez puissants pour exercer une grande influence sur le sort de leurs semblables, ont acquis cependant ou ont conservĂ© assez de lumiĂšres et de biens pour pouvoir se suffire Ă  eux-mĂȘmes. Ceux-lĂ  ne doivent rien Ă  personne, ils n'attendent pour ainsi dire rien de personne ; ils s'habituent Ă  se considĂ©rer toujours isolĂ©ment, ils se figurent volontiers que leur destinĂ©e toute entiĂšre est entre leurs mains. Ainsi, non seulement la dĂ©mocratie fait oublier Ă  chaque homme ses aĂŻeux, mais elle lui cache ses descendants et le sĂ©pare de ses contemporains ; elle le ramĂšne sans cesse vers lui seul et menace de le renfermer enfin tout entier dans la solitude de son propre cƓur ». Alexis de Tocqueville, De la dĂ©mocratie en AmĂ©rique 1835-1840, deuxiĂšme partie, tome II, deuxiĂšme partie, chap. Il, Coll. Folio Histoire, PP 144-145. La dĂ©mocratie incite Ă  la concurrence de tous C'est la dĂ©mocratie qui nous rend semblables et Ă©gaux, et par consĂ©quent envieux – donc amers “Quand toutes les prĂ©rogatives de naissance et de fortune sont dĂ©truites, que toutes les professions sont ouvertes Ă  tous, et qu'on peut parvenir de soi-mĂȘme au sommet de chacune d'elles, une carriĂšre immense et aisĂ©e semble s'ouvrir devant l'ambition des hommes, et ils se figurent volontiers qu'ils sont appelĂ©s Ă  de grandes destinĂ©es. Mais c'est lĂ  une vue erronĂ©e que l'expĂ©rience corrige tous les jours. Cette mĂȘme Ă©galitĂ© qui permet Ă  chaque citoyen de concevoir de vastes espĂ©rances rend tous les citoyens individuellement faibles. Elle limite de tous cĂŽtĂ©s leurs forces, en mĂȘme temps qu'elle permet Ă  leurs dĂ©sirs de s'Ă©tendre. Non seulement ils sont impuissants par eux-mĂȘmes, mais ils trouvent Ă  chaque pas d'immenses obstacles qu'ils n’ avaient point aperçus d'abord. Ils ont dĂ©truit les privilĂšges gĂȘnant de quelques-uns de leurs semblables ; ils rencontrent la concurrence de tous. La borne a changĂ© de forme plutĂŽt que de place. Lorsque les hommes sont Ă  peu prĂšs semblables et suivent une mĂȘme route, il est bien difficile qu'aucun d'entre eux marche vite et perce Ă  travers la foule uniforme qui l'environne et le presse. Cette opposition constante qui rĂšgne entre les instincts que fait naĂźtre l'Ă©galitĂ© et les moyens qu'elle fournit pour les satisfaire tourmente et fatigue les Ăąmes. On peut concevoir des hommes arrivĂ©s Ă  un certain degrĂ© de libertĂ© qui les satisfasse entiĂšrement. Ils jouissent alors de leur indĂ©pendance sans inquiĂ©tude et sans ardeur. Mais les hommes ne fonderont jamais une Ă©galitĂ© qui leur suffise”. Alexis de Tocqueville, De la dĂ©mocratie en AmĂ©rique 1835-1840, tome II, pp 192-193. Texte de Marx Le droit bourgeois est fonciĂšrement inĂ©galitaire Marx fait observer dans le texte suivant que l’attribution de droits Ă©gaux Ă  des individus inĂ©gaux est un dispositif inĂ©galitaire puisqu’il ne tient pas compte des diffĂ©rences de fait entre les individus, tant du point de vue de leurs besoins que du point de vue de leur productivitĂ©. Moyennant quoi, Marx appelle de ses voeux une sociĂ©tĂ© qui Ă©tablirait des droits inĂ©gaux pour des individus inĂ©gaux. Le dernier paragraphe de ce texte laisse cependant perplexe par exemplela journĂ©e sociale de travail reprĂ©sente la somme des heures de travail individuel ; le temps de travail individuel de chaque producteur est la portion qu'il a fournie de la journĂ©e sociale de travail, la part qu'il y a prise. Il reçoit de la sociĂ©tĂ© un bon constatant qu'il a fourni tant de travail dĂ©falcation faite du travail effectuĂ© pour les fonds collectifs et, avec ce bon, il retire des stocks sociaux d'objets de consommation autant que coĂ»te une quantitĂ© Ă©gale de son travail. Le mĂȘme quantum de travail qu'il a fourni Ă  la sociĂ©tĂ© sous une forme, il le reçoit d'elle, en retour, sous une autre forme [1]. C'est manifestement ici le mĂȘme principe que celui qui rĂšgle l'Ă©change des marchandises pour autant qu'il est Ă©change de valeurs Ă©gales. 
 Le droit Ă©gal est donc toujours ici, dans son principe
 le droit bourgeois, bien que principe et pratique ne s'y prennent plus aux cheveux, tandis qu'aujourd'hui l'Ă©change d'Ă©quivalents n'existe pour les marchandises qu'en moyenne et non dans le cas individuel. En dĂ©pit de ce progrĂšs, le droit Ă©gal reste toujours grevĂ© d'une limite bourgeoise. Le droit du producteur est proportionnel au travail qu'il a fourni ; l'Ă©galitĂ© consiste ici dans l'emploi comme unitĂ© de mesure commune. Mais un individu l'emporte physiquement ou moralement sur un autre, il fournit donc dans le mĂȘme temps plus de travail ou peut travailler plus de temps ; et pour que le travail puisse servir de mesure, il faut dĂ©terminer sa durĂ©e ou son intensitĂ©, sinon il cesserait d'ĂȘtre unitĂ©. Ce droit Ă©gal est un droit inĂ©gal pour un travail inĂ©gal. Il ne reconnaĂźt aucune distinction de classe, parce que tout homme n'est qu'un travailleur comme un autre ; mais il reconnaĂźt tacitement l'inĂ©galitĂ© des dons individuels et, par suite, de la capacitĂ© de rendement comme des privilĂšges naturels. C'est donc, dans sa teneur, un droit fondĂ© sur l'inĂ©galitĂ©, comme tout droit. Le droit par sa nature ne peut consister que dans l'emploi d'une mĂȘme unitĂ© de mesure ; mais les individus inĂ©gaux et ce ne seraient pas des individus distincts, s'ils n'Ă©taient pas inĂ©gaux ne sont mesurables d'aprĂšs une unitĂ© commune qu'autant qu'on les considĂšre d'un mĂȘme point de vue, qu'on ne les saisit que sous un aspect dĂ©terminĂ©, par exemple, dans le cas prĂ©sent, qu'on ne les considĂšre que comme travailleurs et rien de plus, et que l'on fait abstraction de tout le reste. D'autre part un ouvrier est mariĂ©, l'autre non ; l'un a plus d'enfants que l'autre, etc., etc. A Ă©galitĂ© de travail et par consĂ©quent, Ă  Ă©galitĂ© de participation au fonds social de consommation, l'un reçoit donc effectivement plus que l'autre, l'un est plus riche que l'autre, etc. Pour Ă©viter tous ces inconvĂ©nients, le droit devrait ĂȘtre non pas Ă©gal, mais inĂ©gal. Mais ces dĂ©fauts sont inĂ©vitables dans la premiĂšre phase de la sociĂ©tĂ© communiste, telle qu'elle vient de sortir de la sociĂ©tĂ© capitaliste, aprĂšs un long et douloureux enfantement. Le droit ne peut jamais ĂȘtre plus Ă©levĂ© que l'Ă©tat Ă©conomique de la sociĂ©tĂ© et que le degrĂ© de civilisation qui y correspond. Dans une phase supĂ©rieure de la sociĂ©tĂ© communiste, quand auront disparu l'asservissante subordination des individus Ă  la division du travail et, avec elle, l'opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel ; quand le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre, mais deviendra lui-mĂȘme le premier besoin vital ; quand, avec le dĂ©veloppement multiple des individus, les forces productives se seront accrues elles aussi et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement l'horizon bornĂ© du droit bourgeois pourra ĂȘtre dĂ©finitivement dĂ©passĂ© et la sociĂ©tĂ© pourra Ă©crire sur ses drapeaux De chacun selon ses capacitĂ©s, Ă  chacun selon ses besoins ! » Friedrich Engels et Karl Marx, Critique des programmes de Gotha et d’Erfurt, 1875, BibliothĂšque numĂ©rique des sciences sociales. Texte de Locke Source de l’inĂ©galitĂ© la propriĂ©tĂ© et le travail Le philosophe anglais John Locke 1632-1704, aprĂšs avoir Ă©tabli que tous les hommes Ă  l'Ă©tat de nature sont Ă©gaux ils sont nĂ©s sans distinction pour jouir des mĂȘmes avantages de la nature et pour user des mĂȘmes facultĂ©s » dĂ©rive ici l'inĂ©galitĂ© de l'accession Ă  la propriĂ©tĂ© privĂ©e. C'est le travail qui donne une lĂ©gitimitĂ© Ă  ce type d’ appropriation Bien que la terre et toutes les crĂ©atures infĂ©rieures appartiennent en commun Ă  tous les hommes, chaque homme est cependant propriĂ©taire de sa propre personne. Aucun autre que lui-mĂȘme ne possĂšde un droit sur elle. Le travail de son corps et l'ouvrage de ses mains, pouvons-nous dire, lui appartiennent en propre. Il mĂȘle son travail Ă  tout ce qu'il fait sortir de l'Ă©tat dans lequel la nature l’a fourni et laissĂ©, et il y joint quelque chose qui est sien; par lĂ  il en fait sa propriĂ©tĂ©. Cette chose Ă©tant extraite par lui de l'Ă©tat commun oĂč la nature l’avait mise, son travail lui ajoute quelque chose qui exclut le droit commun des autres hommes. Car ce travail Ă©tant indiscutablement la propriĂ©tĂ© de celui qui travaille, aucun autre homme que lui ne peut possĂ©der de droit sur ce Ă  quoi il est joint, du moins lĂ  oĂč ce qui est laissĂ© en commun pour les autres est en quantitĂ© suffisante et d'aussi bonne qualitĂ©. 
 Nous voyons, dans le cas des terres communes, qui restent telles par contrat, que c'est le fait de prendre une partie de ce qui est commun, et de le faire sortir de l'Ă©tat oĂč la nature l’a laissĂ©, qui est Ă  l'origine de la propriĂ©tĂ©; car sans cela, ce qui est commun n’est d'aucun usage ». John Locke, Le second traitĂ© du gouvernement 1690, Ed. des PUF, 1994, p 22. Texte de Montesquieu L’inĂ©galitĂ© dĂ©rivĂ©e de la nature mĂȘme de la dĂ©mocratie Selon Montesquieu, l’égalitĂ© est l’ñme de la dĂ©mocratie. Pourtant les inĂ©galitĂ©s ne peuvent ĂȘtre totalement Ă©radiquĂ©es. Ou, plus exactement, les moyens employĂ©s pour atteindre cet objectif rendraient une telle Ă©galitĂ© rĂ©elle » dĂ©testable PhalĂ©as de CalcĂ©doine[2] avait imaginĂ© une façon de rendre Ă©gales les fortunes, dans une rĂ©publique oĂč elles ne l’étaient pas. Il voulait que les riches donnassent des dots aux pauvres, et n’en reçussent pas ; et que les pauvres reçussent de l'argent pour leurs filles et n’en donnassent pas. Mais je me sache qu’aucune rĂ©publique se soit accommodĂ©e d'un rĂšglement pareil. Il met les citoyens sous des conditions dont les diffĂ©rences sont si frappantes, qu’ils haĂŻraient cette Ă©galitĂ© mĂȘme que l'on chercherait Ă  introduire. Il est bon quelquefois que les lois ne paraissent pas aller ici directement au but qu'elles se proposent. Quoi que, dans la dĂ©mocratie, l'Ă©galitĂ© rĂ©elle soit l’ñme de l'État, cependant elle est si difficile Ă Ă©tablir, qu’une exactitude extrĂȘme Ă  cet Ă©gard ne conviendrait pas toujours. Il suffit qu'on Ă©tablisse un cens[3] qui rĂ©duise ou fixe les diffĂ©rences Ă  un certain point ; aprĂšs quoi, c'est par des lois particuliĂšres Ă Ă©galiser, pour ainsi dire, les inĂ©galitĂ©s, par les charges qu'elles imposent aux riches, et le soulagement qu’elles accordent aux pauvres. Il n'y a que les richesses mĂ©diocres qui puissent donner ou souffrir ces sortes de compensation; car pour les fortunes immodĂ©rĂ©es, tout ce qu’on ne leur accorde pas de puissance et d'honneur, elles le regardent comme une injure. Toute inĂ©galitĂ©, dans la dĂ©mocratie, doit ĂȘtre tirĂ©e de la nature de la dĂ©mocratie, et du principe mĂȘme de l’égalitĂ© ». Montesquieu, De l’esprit des lois, 1648, I, Ed. G-F Flammarion, 1979, p 172. Texte de John Rawls Les inĂ©galitĂ©s tolĂ©rĂ©es au nom de l’efficacitĂ© Selon le philosophe amĂ©ricain 1921-222 une thĂ©orie moderne de la justice doit concilier les exigences de justice, qui tendent vers l’égalitĂ©, avec l’efficacitĂ© Ă©conomique, qui entraĂźne des inĂ©galitĂ©s[4] En premier lieu chaque personne doit avoir un droit Ă©gal au systĂšme le plus Ă©tendu de libertĂ©s de base Ă©gales pour tous qui soit compatibleavec le mĂȘme systĂšme pour les autres. En second lieu les inĂ©galitĂ©s sociales et Ă©conomiques doivent ĂȘtre organisĂ©es de façon Ă  ce que, Ă  la fois l’on puisse raisonnablement s’attendre Ă  ce qu’elles soient Ă  l’avantage de chacun et qu’elles soient attachĂ©es Ă  des positions et Ă  des fonctions ouvertes Ă  tous. Ces principes s’appliquent, en premier lieu, comme je l’ai dit, Ă  la structure sociale de base ; ils commandent l’attribution des droits et des devoirs et dĂ©terminent la rĂ©partition des avantages Ă©conomiques et sociaux. Leur formulation prĂ©suppose que, dans la perspective d’une thĂ©orie de la justice, on divise la structure sociale en deux parties plus ou moins distinctes, le premier principe s’appliquant Ă  l’une, le second Ă  l’autre. Ainsi nous distinguons entre les aspects du systĂšme social qui dĂ©finissent et garantissent l’égalitĂ© des libertĂ©s de base pour chacun et les aspects qui spĂ©cifient et Ă©tablissent des inĂ©galitĂ©s sociales et Ă©conomiques. Or, il est essentiel d’observer que l’on peut Ă©tablir une liste de ces libertĂ©s de base. Parmi elles, les plus importantes sont les libertĂ©s politiques droit de vote et d’occuper un poste public, la libertĂ© d’expression, de rĂ©union, la libertĂ© de pensĂ©e et de conscience ; la libertĂ© de la personne qui comporte la protection Ă  l’égard de l’arrestation et de l’emprisonnement arbitraires, tels qu’ils sont dĂ©finis par le concept de l’autoritĂ© la loi. Ces libertĂ©s doivent ĂȘtre Ă©gales pour tous d’aprĂšs le premier principe. Le second principe s’applique, dans la premiĂšre application, Ă  la rĂ©partition des revenus et de la richesse au aux grandes lignes des organisations qui utilisent des diffĂ©rences d’autoritĂ© et de responsabilitĂ©. Si la rĂ©partition des richesses et des revenus n’a pas besoin d’ĂȘtre Ă©gale, elle doit ĂȘtre Ă  l’avantage de chacun et, en mĂȘme temps, les positions d’autoritĂ© et de responsabilitĂ© doivent ĂȘtes accessibles Ă  tous. On applique le second principe en gardant les positions ouvertes, puis, tout en respectant cette contrainte, on organise les inĂ©galitĂ©s Ă©conomiques et sociales de maniĂšre Ă  ce que chacun en bĂ©nĂ©ficie ». John Rawls, ThĂ©orie de la justice 1971, trad. par C. Audard, Édition du Seuil, 1993, p. 91. Texte de Jean-Pierre Dupuy Un jeu truquĂ© en permanence la sociĂ©tĂ© mĂ©ritocratique Jean-Pierre Dupuy nĂ© en 1941 est un ingĂ©nieur, Ă©pistĂ©mologue et philosophe français dont les multiples ouvrages portent pour la plupart sur la philosophie du libĂ©ralisme. Il est actuellement actuellement chargĂ© de recherche Ă  l’UniversitĂ© de Stanford en Californie, aux Etats-Unis. Dans le texte suivant, il dĂ©nonce le mythe mĂ©ritocratique. Il explique pour quelles raisons une sociĂ©tĂ© purement mĂ©ritocratique serait invivable. Il note Ă©galement que le jeu concurrentiel, au delĂ  d’un certain seuil, nous fait souffrir de façon intolĂ©rable Le modĂšle moderne ou mĂ©ritocratique » constitue, semble-t-il, la rĂ©ponse individualiste Ă  la question de la justice distributive A chacun selon son mĂ©rite » est sa formule magique ou, encore, dans une version plus sportive Que le meilleur gagne!» Une condition doit ĂȘtre satisfaite que la concurrence soit Ă©quitable, que les rivaux aient les mĂȘmes chances » au dĂ©part. Mais attention! Il ne faut pas prendre cette clause au pied de la lettre. Ce n'est pas le hasard qui doit dĂ©cider de l'issue de la compĂ©tition, mais bien l'inĂ©galitĂ© des valeurs individuelles. Pour que celle-ci se manifeste au grand jour, encore faut-il neutraliser tous les obstacles hĂ©ritĂ©s de la sociĂ©tĂ© archaĂŻque qui s'opposent au fair-play et Ă  la transparence de la concurrence sociale influences, relations, pistons», clientĂ©lismes et corporatisme, sinĂ©cures et prĂ©bendes, bref, tous les ingrĂ©dients de l'opacitĂ© collective et de l’ hĂ©ritage social». De la droite Ă  la gauche modĂ©rĂ©es, le discours sur la justice sociale est consensuellement mĂ©ritocratique. De sĂ©rieux obstacles s’opposent cependant Ă  ce que la mĂ©ritocratie aille beaucoup plus loin que le niveau du discours. Il y a tout d'abord l’ incertitude radicale qui s'attache Ă  la dĂ©finition du mĂ©rite. Les qualitĂ©s individuelles que la mĂ©ritocratie entend reconnaĂźtre et rĂ©compenser sont en fait de deux ordres, dont le sens et la valeur ne sauraient ĂȘtre confondus les dons et les talents, d'une part, c'est-Ă -dire ce que le sujet reçoit de la nature; l'effort, le travail, la peine, le courage, les risques encourus, etc., D'autre part ce qu'il fait de ce que la nature et la sociĂ©tĂ© ont fait de lui. Quel poids relatif la mĂ©ritocratie accorde-t-elle aux unes et aux autres? Il semblerait qu'elle dĂ»t attacher plus d'importance aux secondes, qui relĂšvent de l'autonomie du sujet. C’est le 
 mĂ©rite de l'antimodĂšle moderne que d'avoir mis en doute cette intuition trop rapide. Je vais y revenir. L’ obstacle le plus grave est qu’une sociĂ©tĂ© de part en part mĂ©ritocratique serait en fait invivable. La valeur personnelle des individus s’y lierait Ă  leurs conditions, faite de leur rĂ©ussite et de leurs Ă©checs, sans aucune circonstance attĂ©nuante, sans appel possible Ă  une hypothĂ©tique inĂ©galitĂ© des chances. Toutes les enquĂȘtes sociologiques le montrent les Français ne veulent pas jouer jusqu'au bout le jeu mĂ©ritocratique. S'efforçant de le truquer en permanence, ils sont bien placĂ©s pour savoir qu'on ne peut faire confiance Ă  la valeur de ses rĂ©sultats. Ils ne croient pas que les vainqueurs sont les meilleurs. Ils mĂ©prisent ceux qui gagnent de l'argent et respectent ceux qui en hĂ©ritent, se scandalisent beaucoup moins des inĂ©galitĂ©s de patrimoine que des inĂ©galitĂ©s de revenus. Ce tableau conduit Ă  formuler une hypothĂšse, qui Ă©chappe totalement aux champions naĂŻfs de la mĂ©ritocratie sans entraves. Si l’individu de la sociĂ©tĂ© moderne refuse de s'y livrer et se satisfait des rĂ©surgences hiĂ©rarchiques et holistes de la sociĂ©tĂ© d'ordre, ce n'est ni qu'il est lui-mĂȘme archaĂŻque, ni qu'il est aliĂ©nĂ© Ă  une idĂ©ologie de l'immobilisme social c'est qu’au-delĂ  d'un certain seuil le jeu concurrentiel le fait souffrir de façon Ă  intolĂ©rable. » Jean-Pierre Dupuy, Les affaires sont les affaires », Revue Autrement, La Justice, 1994. Texte de François Cusset La discrimination positive L’auteur de ce texte est professeur de civilisation amĂ©ricaine Ă  l’universitĂ© de Nanterre. Il explique en quoi consiste la discrimination positive », dispositif inĂ©galitaire destinĂ© Ă  compenser les inĂ©galitĂ©s hĂ©ritĂ©es du passĂ© par des mesures favorisant ou encourageant, au moins partiellement, ceux qui en sont les victimes Traduction tardive de l’ expression amĂ©ricaine affirmative action, la discrimination positive –à laquelle certains acteurs sociaux prĂ©fĂšrent les locution d'action positive ou de politique inclusive, pour leur neutralitĂ©, dĂ©signe l'ensemble des mesures, contractuelles ou lĂ©gislatives, qui visent Ă  assurer une meilleure reprĂ©sentation des minoritĂ©s sociales, ethniques ou sexuelles dans les domaines oĂč celles-ci sont particuliĂšrement sous-reprĂ©sentĂ©es, notamment pour l'admission Ă  l'universitĂ©, le recrutement professionnel et l'attribution de marchĂ©s publics. Si la notion n’est apparue en France qu'au milieu des annĂ©es 1990, elle constitue un enjeu politique et culturel majeur aux États-Unis depuis le dĂ©but des annĂ©es 1960. 
 L’argument volontariste de l’équitĂ© , formulĂ©e par John Rawls dans ThĂ©orie de la justice 1971, selon lequel certaines inĂ©galitĂ©s sont plus justes ou lĂ©gitimes que d'autres, en particulier lorsque l'objectif est la dĂ©sĂ©grĂ©gation[5], l’emporte au fil des annĂ©es 1990 sur une opposition aux pratiques de discrimination positive qui continuent de stigmatiser culture de victimisation et pĂ©rennisation des diffĂ©rences. Dans son discours du 19 juillet 1995, le prĂ©sident Bill Clinton dĂ©nonce ainsi certaines dĂ©rives de l'affirmative action, mais affirme la nĂ©cessitĂ© de l'amĂ©liorer plutĂŽt que de l’abroger. La critique la plus valide reste celle d'une insuffisance de critĂšres d'appartenance minoritaire si on ne tient pas compte des situations sociales parce qu'elles ne sauraient rĂ©soudre Ă  elles seules des problĂšmes qui les dĂ©passent, les innovations amĂ©ricaines en matiĂšre d'affirmative action ont toujours bĂ©nĂ©ficiĂ© davantage Ă  la classe moyenne noire hispanique qu’aux dĂ©classĂ©s du monde rural ou des quartiers les plus dĂ©favorisĂ©s. Au contraire, dans le modĂšle français de la RĂ©publique une et indivisible», oĂč l'existence de minoritĂ©s ethniques n'a jamais Ă©tĂ© reconnue par la loi, le principe d'un traitement prĂ©fĂ©rentiel n'a longtemps pu ĂȘtre mise en pratique que sur le plan social ou gĂ©ographique, comme avec la sĂ©lectivitĂ© territoriale des prestations dans le cas des zones d'Ă©ducation prioritaire instituĂ©e par Alain Savary en 1982, ou plus rĂ©cemment contre les discriminations sexuelles dans l'accĂšs aux fonctions Ă©lectives – avec la rĂ©vision constitutionnelle de 1999 consĂ©cutive Ă  l'institution de la paritĂ© des mandats Ă©lectoraux ». François Cusset, article Discrimination positive », Encyclopaedia Universalis, Notions, 2005. Texte de Karl Marx L'histoire de toute sociĂ©tĂ© jusqu'Ă  nos jours n'a Ă©tĂ© que l'histoire de luttes de classes. Pour Engels et Marx, la lutte des classes est le moteur de l’histoire. A chaque Ă©poque, les moyens de production sont appropriĂ©s par une fraction du corps social la classe dominante », de telle sorte qu’un clivage se produit entre ceux qui possĂšdent et contrĂŽlent les moyens de production et ceux qui n’ont d’autre choix que de vendre leur force de travail aux conditions que lui impose la classe possĂ©dante. Cet antagonisme structurel prend dans les temps modernes la forme d’un conflit entre la bourgeoisie et le prolĂ©tariat Homme libre et esclave, patricien et plĂ©bĂ©ien, baron et serf, maĂźtre de jurande [6] et compagnon, en un mot oppresseurs et opprimĂ©s, en opposition constante, ont menĂ© une guerre ininterrompue, tantĂŽt ouverte, tantĂŽt dissimulĂ©e, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation rĂ©volutionnaire de la sociĂ©tĂ© tout entiĂšre, soit par la destruction des deux classes en lutte. Dans les premiĂšres Ă©poques historiques, nous constatons presque partout une organisation complĂšte de la sociĂ©tĂ© en classes distinctes, une Ă©chelle graduĂ©e de conditions sociales. Dans la Rome antique, nous trouvons des patriciens, des chevaliers, des plĂ©bĂ©iens, des esclaves; au moyen Ăąge, des seigneurs, des vassaux, des maĂźtres de corporation, des compagnons, des serfs et, de plus, dans chacune de ces classes, une hiĂ©rarchie particuliĂšre. La sociĂ©tĂ© bourgeoise moderne, Ă©levĂ©e sur les ruines de la sociĂ©tĂ© fĂ©odale, n'a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n'a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d'oppression, de nouvelles formes de lutte Ă  celles d'autrefois. Cependant, le caractĂšre distinctif de notre Ă©poque, de l'Ă©poque de la bourgeoisie, est d'avoir simplifiĂ© les antagonismes de classes. La sociĂ©tĂ© se divise de plus en deux vastes camps ennemis, en deux grandes classes diamĂ©tralement opposĂ©es la bourgeoisie et le prolĂ©tariat. 
 La bourgeoisie, nous le voyons, est elle-mĂȘme le produit d'un long dĂ©veloppement, d'une sĂ©rie de rĂ©volutions dans le mode de production et les moyens de communication. 
 Partout oĂč elle a conquis le pouvoir, elle a foulĂ© aux pieds les relations fĂ©odales, patriarcales et idylliques. Tous les liens complexes et variĂ©s qui unissent l'homme fĂ©odal Ă  ses “supĂ©rieurs naturels”, elle les a brisĂ©s sans pitiĂ© pour ne laisser subsister d'autre lien, entre l'homme et l'homme, que le froid intĂ©rĂȘt, les dures exigences du “paiement au comptant”. Elle a noyĂ© les frissons sacrĂ©s de l'extase religieuse, de l'enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalitĂ© petite-bourgeoise dans les eaux glacĂ©es du calcul Ă©goĂŻste. Elle a fait de la dignitĂ© personnelle une simple valeur d'Ă©change; elle a substituĂ© aux nombreuses libertĂ©s, si chĂšrement conquises, l'unique et impitoyable libertĂ© du commerce. En un mot, Ă  la place de l'exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, Ă©hontĂ©e, directe, brutale. La bourgeoisie a dĂ©pouillĂ© de leur aurĂ©ole toutes les activitĂ©s qui passaient jusque-lĂ  pour vĂ©nĂ©rables et qu'on considĂ©rait avec un saint respect. Le mĂ©decin, le juriste, le prĂȘtre, le poĂšte, le savant, elle en a fait des salariĂ©s Ă  ses gages. » Friedrich Engels et Karl Marx, Le manifeste communiste , 1848 , Ed. MEGA, in Oeuvres de KarlMarx, Economie, I. , Bib de la PlĂ©iade, ED. Gallimard, 1965, pp. 160-162. Texte de Pierre Bourdieu Le cumul des inĂ©galitĂ©s l’école consacre la lutte des classe Dans un texte qui fit sensation lors de sa premiĂšre Ă©dition en 1964, Les HĂ©ritiers, les sociologues Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron ont montrĂ© que l’Ecole l’ensemble des institutions scolaires et universitaires n’est pas un appareil neutre au service de la culture. En s’appuyant sur l'Ă©tude empirique du vĂ©cu des Ă©tudiants et des professeurs ainsi que sur l'analyse des rĂšgles du jeu universitaire, ils Ă©tablissent et dĂ©noncent l'inĂ©galitĂ© des chances d'accĂšs Ă  l'enseignement supĂ©rieur selon l'origine sociale et le sexe des Ă©coliers. Par-delĂ  les inĂ©galitĂ©s Ă©conomiques, ils insistent sur le rĂŽle de l'hĂ©ritage culturel, capital subtil de savoir, de savoir-faire et d'aisance que les enfants des classes favorisĂ©es doivent Ă  leur milieu familial La cĂ©citĂ© aux inĂ©galitĂ©s sociales condamne et autorise Ă  expliquer toutes les inĂ©galitĂ©s, particuliĂšrement en matiĂšre de rĂ©ussite scolaire, comme inĂ©galitĂ©s naturelles, inĂ©galitĂ©s de don. Pareille attitude est dans la logique d'un systĂšme qui, reposant sur le postulat de l'Ă©galitĂ© formelle de tous les enseignĂ©s, conditions de son fonctionnement, ne peut reconnaĂźtre d'autres inĂ©galitĂ©s que celles qui tiennent aux dons individuels. 
 Les classes privilĂ©giĂ©es trouvent dans l'idĂ©ologie que l'on pourrait appeler charismatique puisqu'elle valorise la grĂące» ou le don» une lĂ©gitimation de leurs privilĂšges culturels qui sont ainsi transmuĂ©s d'hĂ©ritage social, en grĂące individuelle ou en mĂ©rite personnel. Ainsi masquĂ©, le racisme de classe» peut s’ afficher sans jamais s'apparaĂźtre. Cette alchimie rĂ©ussit d'autant mieux que loin de lui opposer une autre image de la rĂ©ussite scolaire, les classes populaires reprennent Ă  leur compte l’essentialisme[7] des hautes classes et vivent leur dĂ©savantage comme destin personnel. 
 En l'Ă©tat actuel de la sociĂ©tĂ© et des traditions pĂ©dagogiques, la transmission des techniques et des habitudes de pensĂ©e exigĂ©e par l'Ă©cole revient primordialement au milieu familial. Toute dĂ©mocratisation rĂ©elle suppose donc qu'on les enseigne lĂ  oĂč les plus dĂ©favorisĂ©s peuvent les acquĂ©rir, c'est-Ă -dire Ă  l’Ecole; que l'on Ă©largisse le domaine de ce qui peut ĂȘtre rationnellement et techniquement acquis par un apprentissage mĂ©thodique aux dĂ©pens de ce qui est abandonnĂ© irrĂ©ductiblement au hasard des talents individuels, c'est-Ă -dire en fait, Ă  la logique des privilĂšges sociaux 
 Mais il ne suffit pas de se donner pour fin la dĂ©mocratisation rĂ©elle de l'enseignement. En l'absence d'une pĂ©dagogie rationnelle mettant tout en oeuvre pour neutraliser mĂ©thodiquement et continĂ»ment, de l'Ă©cole maternelle Ă  l'universitĂ©, l'action des facteurs sociaux d'inĂ©galitĂ©s culturelles, la volontĂ© politique de donner Ă  tous des chances Ă©gales devant l'enseignement ne peut venir Ă  bout des inĂ©galitĂ©s rĂ©elles, lors mĂȘme qu'elle s'arme de tous les moyens institutionnels Ă©conomiques; et, rĂ©ciproquement, une pĂ©dagogie rĂ©ellement rationnelle, c'est-Ă -dire fondĂ©e sur une sociologie des inĂ©galitĂ©s culturelles, contribuerait sans doute Ă  rĂ©duire les inĂ©galitĂ©s devant l'Ă©cole et la culture, mais elle ne pourrait entrer rĂ©ellement dans les faits que si se trouvait donnĂ©es toutes les conditions d'une dĂ©mocratisation rĂ©elle du recrutement des maĂźtres et des Ă©lĂšves, Ă  commencer par l'instauration d'une pĂ©dagogie rationnelle ». Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, Les hĂ©ritiers. Les Ă©tudiants et les cultures, Les Ă©ditions de minuit 1999, pp. 103-115. Texte de Rousseau L’un doit ĂȘtre actif et fort, l’autre passif et faible » Jean-Jacques Rousseau conclut Émile ou De l’Éducation par une Ă©tude sur Sophie ou La Femme, la future compagne d’Émile. Rousseau affirme d’emblĂ©e que la femme et l’homme sont de la mĂȘme espĂšce, mais que leur sexe les fait diffĂ©rer du plus au moins ». Leur inĂ©galitĂ© au sein de la famille et de la sociĂ©tĂ© est conforme Ă  la nature et Ă  la raison la femme est faite pour plaire Ă  l’homme » et faite pour lui obĂ©ir » ; son Ă©ducation doit y concourir. Il est Ă  noter que Rousseau ancre la dĂ©monstration de cette inĂ©galitĂ© sur les comportements diffĂ©rents – actif et passif – de l’homme et la femme dans l’union des sexes ». Cette diffĂ©renciation actif/passif est prĂ©sente dĂšs Aristote dans la symbiose de la semence masculine active et d’une matiĂšre passive fĂ©minine et se retrouve chez Hegel En tout ce qui ne tient pas au sexe, la femme est homme ; elle a les mĂȘmes organes, les mĂȘmes besoins, les mĂȘmes facultĂ©s ; la machine est construite de la mĂȘme maniĂšre, les piĂšces en sont les mĂȘmes, le jeu de l’une est celui de l’autre, la figure est semblable ; et, sous quelque rapport qu’on les considĂšre, ils ne diffĂšrent entre eux que du plus au moins. 
 Dans l'union des sexes chacun concourt Ă©galement Ă  l'objet commun, mais non pas de la mĂȘme maniĂšre. De cette diversitĂ© naĂźt la premiĂšre diffĂ©rence assignable entre les rapports moraux de l'un et de l'autre. L'un doit ĂȘtre actif et fort, l'autre passif et faible il faut nĂ©cessairement que l'un veuille et puisse, il suffit que l'autre rĂ©siste peu. Ce principe Ă©tabli, il s'ensuit que la femme est faite spĂ©cialement pour plaire Ă  l'homme. 
 La rigiditĂ© des devoirs relatifs des deux sexes n'est ni ne peut ĂȘtre la mĂȘme. Quand la femme se plaint lĂ -dessus de l'injuste inĂ©galitĂ© qu'y met l'homme, elle a tort ; cette inĂ©galitĂ© n'est point une institution humaine, ou du moins elle n'est point l'ouvrage du prĂ©jugĂ©, mais de la raison c'est Ă  celui des deux que la nature a chargĂ© du dĂ©pĂŽt des enfants d'en rĂ©pondre Ă  l'autre. 
 Les filles de Sparte s'exerçaient, comme les garçons, aux jeux militaires 
. Quelque impression que fĂźt cet usage sur le cƓur des hommes, toujours Ă©tait-il excellent pour donner au sexe une bonne constitution dans la jeunesse par des exercices agrĂ©ables, modĂ©rĂ©s, salutaires, et pour aiguiser et former son goĂ»t par le dĂ©sir continuel de plaire, sans jamais exposer ses mƓurs. SitĂŽt que ces jeunes personnes Ă©taient mariĂ©es, on ne les voyait plus en public ; renfermĂ©es dans leurs maisons, elles bornaient tous leurs soins Ă  leur mĂ©nage et Ă  leur famille. Telle est la maniĂšre de vivre que la nature et la raison prescrivent au sexe. 
 Par cela mĂȘme que la conduite de la femme est asservie Ă  l'opinion publique, sa croyance est asservie Ă  l'autoritĂ©. Toute fille doit avoir la religion de sa mĂšre, et toute femme celle de son mari. 
 La recherche des vĂ©ritĂ©s abstraites et spĂ©culatives, des principes, des axiomes dans les sciences, tout ce qui tend Ă  gĂ©nĂ©raliser les idĂ©es n'est point du ressort des femmes, leurs Ă©tudes doivent se rapporter toutes Ă  la pratique 
 Toutes les rĂ©flexions des femmes en ce qui ne tient pas immĂ©diatement Ă  leurs devoirs doivent tendre Ă  l'Ă©tude des hommes ou aux connaissances agrĂ©ables qui n'ont que le goĂ»t pour objet ; car, quant aux ouvrages de gĂ©nie, ils passent leur portĂ©e. » Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l’Éducation, livre V, Sophie ou La Femme20 Texte Simone de Beauvoir Texte de Simone de Beauvoir On ne naĂźt pas femme on le devient En 1949, Simone de Beauvoir 1908-1986, philosophe, femme de lettres et compagne de Jean-Paul Sartre, publie Le DeuxiĂšme Sexe. Au-delĂ  de la thĂšse philosophique selon laquelle, dans la relation actuelle homme/femme, l’homme serait l’absolu et la femme le relatif, l’ Autre », l’essai marquera les esprits et tout le mouvement fĂ©ministe par sa dĂ©monstration que la diffĂ©renciation entre masculin et fĂ©minin ne provient pas d’un dĂ©terminisme biologique ou essentialiste[8], mais d’une construction historique et sociale conduisant Ă  des rapports de domination – construction qui peut donc ĂȘtre dĂ©montĂ©e et laisser place Ă  des rapports d’égalitĂ©. On ne naĂźt pas femme on le devient. Aucun destin biologique, psychique, Ă©conomique ne dĂ©finit la figure que revĂȘt au sein de la sociĂ©tĂ© la femelle humaine ; c'est l'ensemble de la civilisation qui Ă©labore ce produit intermĂ©diaire entre le mĂąle et le castrat qu'on qualifie de fĂ©minin. Seule la mĂ©diation d'autrui peut constituer un individu comme un Autre. En tant qu'il existe pour soi, l'enfant ne saurait se saisir comme sexuellement diffĂ©renciĂ©. 
 Si, bien avant la pubertĂ©, et parfois mĂȘme dĂšs sa toute petite enfance, la fille nous apparaĂźt dĂ©jĂ  comme sexuellement spĂ©cifiĂ©e, ce n'est pas que de mystĂ©rieux instincts immĂ©diatement la vouent Ă  la passivitĂ©, Ă  la coquetterie, Ă  la maternitĂ© c'est que l'intervention d'autrui dans la vie de l'enfant est presque originelle et que dĂšs ses premiĂšres annĂ©es sa vocation lui est impĂ©rieusement insufflĂ©e. » Simone de Beauvoir, Le DeuxiĂšme Sexe, tome II, Ă©d. Gallimard, 1949, p. 13 Ainsi, la passivitĂ© qui caractĂ©risera essentiellement la femme fĂ©minine » est un trait qui se dĂ©veloppe en elle dĂšs ses premiĂšres annĂ©es. Mais il est faux de prĂ©tendre que c'est lĂ  une donnĂ©e biologique ; en vĂ©ritĂ©, c'est un destin qui lui est imposĂ© par ses Ă©ducateurs et par la sociĂ©tĂ©. 
 On lui apprend que pour plaire il faut chercher Ă  plaire, il faut se faire objet ; elle doit donc renoncer Ă  son autonomie. On la traite comme une poupĂ©e vivante et on lui refuse la libertĂ© ; ainsi se noue un cercle vicieux ; car moins elle exercera sa libertĂ© pour comprendre, saisir et dĂ©couvrir le monde qui l'entoure, moins elle trouvera en lui de ressources, moins elle osera s'affirmer comme sujet ; si on l'y encourageait, elle pourrait manifester la mĂȘme exubĂ©rance vivante, la mĂȘme curiositĂ©, le mĂȘme esprit d'initiative, la mĂȘme hardiesse qu'un garçon. » Texte de Bourdieu La domination masculine En 1998, Pierre Bourdieu publie La Domination masculine, ouvrage dans lequel il dĂ©finit celle-ci avant tout comme une domination symbolique dĂ©coulant d’un systĂšme de reprĂ©sentation confĂ©rant Ă  l’homme et Ă  la femme un rĂŽle prĂ©dĂ©terminĂ© et permanent. Cette thĂšse a parfois Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme juste mais partielle, puisqu’ignorant de fait les inĂ©galitĂ©s au travail ou les violences physiques et sexuelles, et Ă©ternisant » de surcroĂźt les conditions de cette domination. Pierre Bourdieu est revenu sur cet essai en 2002 Pour comprendre la domination masculine qui est une forme particuliĂšre et particuliĂšrement accomplie de la violence symbolique 
, on peut s’appuyer sur l’analyse d’un ordre institutionnel qui, comme toute institution, existe de deux façons, d’une part, dans les choses, sous forme, par exemple, de divisions spatiales entre les espaces fĂ©minins et les espaces masculins, sous forme d’instruments diffĂ©renciĂ©s, masculins ou fĂ©minins, etc. et, d’autre part, dans les cerveaux, dans les esprits, sous forme de principes de vision et de division, de taxinomies, de principes de classement 
. La forme spĂ©cifique de la domination masculine est la violence symbolique comme contrainte par corps. Pour que la domination symbolique fonctionne, il faut que les dominĂ©s aient incorporĂ© les structures selon lesquelles les dominants les perçoivent ; que la soumission ne soit pas un acte de la conscience, susceptible d’ĂȘtre compris dans la logique de la contrainte ou dans la logique du consentement alternative 
. Le fondement de la situation dominĂ©e de la femme, et sa perpĂ©tuation par-delĂ  les diffĂ©rences temporelles et spatiales, rĂ©side dans le fait que, dans cette Ă©conomie, elle est plutĂŽt objet que sujet. 
 Je retiendrai seulement le rĂŽle passif, celui qui est confĂ©rĂ© Ă  la femme dans cette logique et qui me semble ĂȘtre au fondement, encore aujourd’hui, du rapport que les femmes entretiennent avec leur corps et qui tient au fait que leur ĂȘtre social est un ĂȘtre-perçu, un percipi[9], un ĂȘtre pour le regard et, si je puis dire, par le regard et susceptible d’ĂȘtre utilisĂ©, Ă  ce titre, comme un capital symbolique[10]. L’aliĂ©nation symbolique Ă  laquelle elles sont condamnĂ©es du fait qu’elles sont vouĂ©es Ă  ĂȘtre perçues et Ă  se percevoir Ă  travers les catĂ©gories dominantes, c’est-Ă -dire masculines, se retraduit dans l’expĂ©rience mĂȘme que les femmes ont de leur corps et du regard des autres. Pierre Bourdieu, Nouvelles rĂ©flexions sur la domination masculine, Cahiers du Genre 2/ 2002 n° 33, p. 225-233. Texte Pfefferkom InĂ©galitĂ©s de classes, inĂ©galitĂ©s de sexes Depuis les annĂ©es 1980, plusieurs concepts sont apparus en sociologie, en liaison avec le mouvement fĂ©ministe, pour tenter d’éclairer la nature des inĂ©galitĂ©s femmes/hommes et leur articulation Ă©ventuelle avec les inĂ©galitĂ©s de classe patriarcat », genre », travail domestique », rapports sociaux de sexe », sexisme »  Dans son livre InĂ©galitĂ©s et rapports sociaux, paru en 2007, le sociologue Roland Pfefferkorn, qui Ă©voque par ailleurs un retour des classes », fait le point sur ces notions. Le concept de patriarcat prĂ©sente deux avantages majeurs. En premier lieu, il permet d’insister sur le fait que l’oppression des femmes rĂ©sulte d’un fonctionnement systĂ©mique qui n’est en aucun cas rĂ©ductible au systĂšme capitaliste. En second lieu, il permet d’introduire la question de l’exploitation par les hommes du travail effectuĂ© par les femmes dans le cadre domestique. Il met par consĂ©quent l’accent sur une dimension matĂ©rielle de l’oppression qui va bien au-delĂ  de la seule rĂ©fĂ©rence Ă  la domination. » Roland Pfefferkorn, InĂ©galitĂ©s et rapports sociaux, La Dispute, 2007, p. 244. Le travail domestique s’accomplit dans le cadre d’une relation de service » qui implique une disponibilitĂ© permanente du temps des femmes au service de la famille envisagĂ©e dans un sens large, c’est-Ă -dire Ă©tendue Ă  l’ensemble de la parentĂ©. 
 D’oĂč la dimension Ă©motionnelle et la charge mentale » qui pĂšse sur les femmes. 
 Des gestes apparemment banals portant essentiellement sur des choses rĂ©guliĂšrement rĂ©pĂ©tĂ©es dans le cadre du travail domestique peuvent contribuer au dĂ©veloppement de sentiments et Ă  l’attachement Ă  des personnes dans le cadre non-marchand de rapports familiaux. » Ibid., pp. 255-256. Le mot sexe se rĂ©fĂšre aux diffĂ©rences biologiques entre mĂąles et femelles 
. Le genre, lui, est une question de culture. 
 Les connexions entre la nature et la culture, ici entre le sexe et le genre, sont elles-mĂȘmes sociales, culturelles et historiques, elles n’ont rien de naturel. Dans cette perspective, le masculin et le fĂ©minin sont imposĂ©s culturellement au mĂąle et Ă  la femelle pour en faire un homme et une femme. 
 La dĂ©finition du masculin et du fĂ©minin renvoie dĂ©sormais Ă  des constructions ou des productions sociales et Ă  des stĂ©rĂ©otypes sociaux. » Ibid., pp. 274-275. Le concept de rapports sociaux de sexe a Ă©tĂ© Ă©laborĂ© Ă  partir de 1980 en connexion avec celui de division sexuelle du travail auquel il est Ă©troitement liĂ©. Il met l’accent sur les dimensions matĂ©rielles de l’oppression, c’est-Ă -dire pour l’essentiel sur le travail, tout en n’occultant pas ses aspects idĂ©els. 
 Il permet aussi d’articuler les rapports de sexe et les rapports de classe, ne se contentant pas de les penser en parallĂšle 
. Le travail ne se limite pas ici au seul travail salariĂ©, rĂ©munĂ©rĂ©, marchand, formalisĂ©. Il inclut le travail informel, le travail non marchand, le travail non rĂ©munĂ©rĂ©, en premier lieu le travail domestique, mais aussi la production des reprĂ©sentations ou celle des identitĂ©s individuelles et collectives. » Ibid., pp. 298 et 309 Texte de Claire Peugny Une Ă©cole Ă  l’image de la sociĂ©tĂ© tout entiĂšre Ă©litiste et inĂ©galitaire Claire Peugny est maĂźtre de confĂ©rences en sociologie Ă  Paris VII. Dans un ouvrage paru en 2013, et intitulĂ© Le destin au berceau », elle explique comment et pourquoi les conditions de naissance continuent, en France, de dĂ©terminer le destin des individus Dans la France d’ aujourd'hui, sept enfants de cadres sur dix exercent un emploi d’encadrement quelques annĂ©es aprĂšs la fin de leurs Ă©tudes. À l'inverse, sept enfants d’ouvriers sur dix demeurent cantonnĂ©s Ă  des emplois d’exĂ©cution. Plus de deux siĂšcles aprĂšs la rĂ©volution, les conditions de naissance continuent Ă  dĂ©terminer le destin des individus. On ne devient pas ouvrier, on naĂźt ouvrier. Bien sĂ»r, sur le long terme, la sociĂ©tĂ© française s'est considĂ©rablement ouverte. Tout au long du XXe siĂšcle, les bouleversements de la structure sociale et les progrĂšs de l'Ă©ducation ont conduit un nombre croissant d'individus Ă  cheminer dans l'espace social et Ă  s'Ă©lever au-dessus de la condition de leurs parents. Jadis exceptionnelle, la mobilitĂ© sociale est devenue une rĂ©gularitĂ© statistique, en France comme dans la plupart des autres sociĂ©tĂ©s occidentales. Pourtant, la sociĂ©tĂ© française reste minĂ©e par les inĂ©galitĂ©s. Tandis que que les 10 % des Français les plus fortunĂ©s concentrent la moitiĂ© de la richesse nationale, les hauts revenus s'envolent et la pauvretĂ© s’étend, frappant dĂ©sormais plus de 8 millions d'individus. Du point de vue de la mobilitĂ© sociale, le constat est terrible entre le dĂ©but des annĂ©es 1980 et la fin des annĂ©es 2000, l'intensitĂ© de la reproduction sociale n'a pas faibli, bien au contraire, alors que la pĂ©riode Ă©tait marquĂ©e par une massification scolaire de grande ampleur. Pour la sociĂ©tĂ© française, qui a fait de l'Ă©cole la principale voie de mobilitĂ© sociale, c'est un constat d'Ă©chec le dĂ©clin de l'immobilitĂ© sociale demeure extrĂȘmement modeste au regard de l'effort consenti pendant le dernier demi-siĂšcle. En termes de dĂ©mocratisation, le bilan de la massification scolaire est donc trĂšs faible. FonciĂšrement Ă©litiste, l'Ă©cole de la RĂ©publique se prĂ©occupe du succĂšs de quelques individus, surreprĂ©sentĂ©s parmi les groupes sociaux les plus favorisĂ©s Ă  qui elle offre le luxe de l'excellence, et ignore trop souvent le sort des vaincus » de la compĂ©tition scolaire, promis Ă  la relĂ©gation sociale. Tel est le paradoxe de la sociĂ©tĂ© française elle accorde une importance dĂ©mesurĂ©e au diplĂŽme obtenu Ă  l'issue de la formation initiale, alors que la compĂ©tition scolaire est socialement biaisĂ©e dĂšs le dĂ©part, tant l’origine sociale pĂšse sur les cursus et les rĂ©sultats scolaires. Pour parvenir Ă  desserrer l’étau de la reproduction sociale, il faut en terminer avec le mythe d'une rĂ©publique mĂ©ritocratie» et rendre l'Ă©cole vraiment dĂ©mocratique. » Claire Peugny, Le destin au berceau, InĂ©galitĂ©s et reproduction sociale, coll. La RĂ©publique des IdĂ©es, Ed. du Seuil, 2016, pp. 9-10. Laurence Hansen-Love [1] Marx nous a dĂ©jĂ  donnĂ© le tableau d'une sociĂ©tĂ© communiste dans laquelle le temps de travail joue un double rĂŽle » D'un cĂŽtĂ©, sa distribution dans la sociĂ©tĂ© rĂšgle le rapport exact des diverses fonctions aux divers besoins ; de l'autre, il mesure la part individuelle de chaque producteur dans le travail commun et en mĂȘme temps la portion qui lui revient dans la partie du produit commun rĂ©servĂ©e Ă  la consommation. » Le Capital, tome I. p. 90. [2] Aristote, Politique, livre II, Chapitre 7. [3] Une taxe. [4] Cette conception de la justice a Ă©tĂ© largement commentĂ©e, contestĂ©e et rĂ©cusĂ©e y compris dans le camp des libĂ©raux eux`mĂȘmes. Voir ci -dessous le texte de Amartya Sen citĂ© en conclusion. [5] La neutralisation de la sĂ©grĂ©gation. [6] MaĂźtre de guilde. [7]Pour Bourdieu, l’espace social » la sociĂ©tĂ© est traversĂ© par un conflit entre dominants et dominĂ©s. Mais, contrairement Ă  Marx pour qui ce conflit exprime Ă  l’époque du capitalisme le rapport social capital/travail, bourgeois/prolĂ©taires, les autres contradictions dĂ©coulant de cette lutte des classes, Bourdieu considĂšre que l’espace social est divisĂ© en champs » Ă©conomique, culturel, social, politique, philosophique, religieux, etc. qui ont chacun leur logique propre et font vivre de façon spĂ©cifique le conflit dominants/dominĂ©s. Dans chaque champ, ce conflit oppose les porteurs d’un capital » comme dans le champ Ă©conomique, qui dĂ©tiennent le pouvoir et qui recherchent une rentabilitĂ© de leurs investissements pour accroĂźtre ce capital et ce pouvoir au dĂ©triment des dominĂ©s. Mais il ne s’agit pas partout d’une augmentation des profits, comme en Ă©conomie dans le champ culturel, par exemple, il sera surtout question de recherche du succĂšs commercial ou mondain ou au contraire de reconnaissance Ă©litiste mĂ©prisant les pratiques mercenaires. Pour exprimer cette thĂšse, Bourdieu a forgĂ© les notions de capital symbolique » capital propre Ă  chaque champ, incluant les reprĂ©sentations, d’ habitus » mode d’ĂȘtre conforme Ă  chaque champ et de violence symbolique ». [8] Qui suppose une essence, autrement dit des caractĂšres naturels, voire gĂ©nĂ©tiques. [9] Etre perçu. [10] Sur le sens de cette expression, voir page.. Voici toutes les solution Écrivain critiquant la sociĂ©tĂ© et les hommes. CodyCross est un jeu addictif dĂ©veloppĂ© par Fanatee. Êtes-vous Ă  la recherche d'un plaisir sans fin dans cette application de cerveau logique passionnante? Chaque monde a plus de 20 groupes avec 5 puzzles chacun. Certains des mondes sont la planĂšte Terre, sous la mer, les inventions, les saisons, le cirque, les transports et les arts culinaires. Nous partageons toutes les rĂ©ponses pour ce jeu ci-dessous. 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